Anecdote au refuge de Larrasoaña (Gilbert – 2002)

1er Juin 2002
Au refuge municipal de Concejo de Larrasoaña, juste après Roncevaux et Burgete sur le Camino Francés, hier soir impossible de dormir; des jeunes pèlerins espagnols ont parlé jusqu’à minuit, malgré nos protestations et de nombreux chut !!! de ceux qui voulaient dormir. Puis les ronflements ont bien sûr débarqués avec la marée montante… nous sommes une bonne vingtaine dans un dortoir de 14 personnes prévues!

1h du mat !
Y’en a un au-dessus de moi, un allemand de Berlin, qui tombe de son lit, atterrit sur mon sac à dos et se relève en grommelant dans sa barbe blanche… Tout le monde rigole, pas lui ni moi, car j’ai eu une sacrée trouille!

3h du mat !
Brusquement l’alarme d’un réveil Jazz qui sonne dans le sac à dos d’un vieil espagnol juste à côté de moi, bien sûr! Il se lève d’un coup et se cogne la cabeza contre le montant du lit du dessus, réveille bien entendu le malheureux qui dormait comme un loir, mais avec en plus des ronflements de vieilles locomotives, puis cherche désespérément au fond de son sac l’autre zinzin qui n’arrête plus de sonner… mon vieil espagnol qui jure comme un charretier :  » La p..a de tu m..dré… j’en passe et des meilleurs… », ça y est! tout le monde est à nouveau réveillé, je prends ma lampe de poche et l’éclaire, tout en rigolant comme un perdu… Ouf! il a trouvé, il s’empresse d’arrêter l’objet du délit… Ouf! Le silence revient…les ronflements aussi !

5h du mat !
Un canadien, de l’autre côté de mon lit commence de ranger son sac avec sa lampe frontale et à chaque fois qu’il se tourne, je prends bien entendu le rayon en pleine poire ! Cette fois c’est moi qui jure…mais en silence !

5h35 !
Le québécois n’a toujours pas fini… Ras le bol! Je me lève comme un pantin de sa boîte, prends tout mon barda et file dans la cuisine, pas gracieux du tout le Gilberto ! C’est ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps le pauvre malheureux ! Je déjeune vite fait…

6h !
Le canadien de Montréal n’a toujours pas fini son sac !!! Je commence à entendre ces pauvres pèlerins exténués par une nuit d’enfer, qui en ont marre et qui commencent à râler sérieusement, comme je les comprends!

6h05 !
Je suis parti avec ma coquille sur le dos ! Il fait un super temps, un merveilleux ciel étoilé et j’admire la grande Ourse, puis la petite, et repère l’étoile polaire, où pas très loin, on peut admirer le joyau des Myriades et l’étoile du Berger qui se lève gentiment au bas de l’horizon. Il fait un peu frais et je marche comme un somnambule… Tu parles! je n’ai quasiment pas fermé l’œil de la nuit.

7h !
Les premiers rayons du soleil percent l’aurore et l’aube devient d’abord toute rose, puis de plus en plus dorée, c’est le miracle de chaque matin, je suis heureux !

L’ami Gilbert d’Ahuy.

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