Présentation du Chemin de Regordane

Présentation du chemin de Régordane, du Puy en Velay à Saint Gilles du Gard ;
l’un des pèlerinages les plus importants de la chrétienté médiévale (les chemins de St Gilles).

 

Raconte-moi un chemin au cœur de l’histoire de France…

Entre Massif central et Méditerranée, le chemin de Régordane est un sentier de grande randonnée (GR®700),
reliant le Puy en Velay à Saint Gilles du Gard.
Voie millénaire de commerces et d’échanges, au cœur de l’histoire de France,
traversant des villages parmi « Les plus beaux de France » (Pradelles, La Garde Guérin, Vézénobres),
c’est aussi l’un des plus grands pèlerinages de la chrétienté médiévale d’occident :
les chemins de Saint Gilles, avec des monuments classés au patrimoine mondial de l’humanité, par l’UNESCO :
la cathédrale du Puy en Velay et l’abbatiale de Saint Gilles.
Le long de la grande faille du massif central, cet antique chemin de transhumance
relie les via Podensis et Tolosana vers Compostelle et Rome.

Un sentier offrant de grands espaces préservés ainsi qu’une remarquable diversité de paysages époustouflants,
aux identités fortes : Velay, Margeride, mont Lozère et Cévennes (patrimoine mondial), Gardonnenque et Garrigues,
Costières et Camargue.

Une grande itinérance culturelle, un patrimoine architectural exceptionnel :
châteaux, églises, musées ainsi que d’innombrables témoignages historiques
ou encore l’incomparable patrimoine romain de la ville de Nîmes.

Un chemin unique, cité dans l’une des plus anciennes chansons de Geste, le charroi de Nîmes, au 12ème siècle,
qui se parcourt au fil des récits, dans les pas du marquis de La Fayette, Guillaume d’Orange, Sergueï Prokofiev,
Alphonse Daudet, Coco Chanel ou encore du journaliste écrivain et cinéaste cévenol Jean Pierre Chabrol,
de Jean Cavalier le chef camisard et de tant d’autres rigourdans…
sans oublier la révélation de « sans nom », sortis de l’ombre : les rebelles, les justes……

Profitez d’un séjour inoubliable, organisé en toute liberté, grâce au topoguide FFRP,
à l’application mobile (à télécharger gratuitement) et à la ligne de chemin de fer des Cévennes
(« Marseille, Nîmes, Cermont-Ferrand, Paris ») avec de nombreuses gares tout au long des 240 km
(3600 m de dénivelé cumulé, un chemin à la portée de tous).

Bienvenue sur le chemin de Régordane 
(itinéraire homologué par la fédération française de la randonnée pédestre : GR®700 – topoguide).

Pour en savoir plus : https://www.chemin-regordane.fr

Vidéo promotionnelle : https://youtu.be/UR–EaMVQZk

Contact : contact@chemin-regordane.fr

Spécial GR®700 : 12 jours sur le Chemin de Régordane [Carnets de Rando #142]

 

Quelques Poèmes de Circonstance par Frédéric Sanoner

Je suis confiné,
Et ne peux sortir ni dans la rue ni sur les marchés,
Je dois donc trouver de quoi sainement m’occuper,
Gérer les fourmis qui vibrent dans mes mains et mes pieds
Alors que, dehors, les oiseaux s’amusent à me narguer.

 Je suis confiné,
Et je me sens chaque jour accaparé
Par les multiples tâches qu’il faut sans fin répéter,
Par le soutien de tous ceux qui doivent télé-travailler
Dans une maison qui ne veut pas rester négligée.

 Je suis confiné,
Et ce temps gratuit qui m’est donné
M’offre enfin la formidable possibilité
De rentrer en moi, de me concentrer
Sur ce qui fait sens pour moi, sur mes priorités.

 Je suis confiné,
Et malgré cette apparente immobilité
Je peux enfin, en imagination, voyager.
Je peux réfléchir, méditer et prier,
Je peux me réjouir, sourire et contempler.

 Je suis confiné,
Mais je ne peux ni ne veux vous oublier.
Le matin comme le soir vos visages illuminés
Viennent éclairer mes journées
Et orientent vers vous mes pensées.

 Je suis confiné,
Et bien sûr c’est pour mieux nous préserver
D’un mal insidieux qui met en péril notre santé,
Qui ébranle avec force notre société
En lui faisant ressentir toute sa brutalité.

 Je suis confiné,
Mais je sais que dans mon pays, dans ma cité,
Des soignants sont à la peine, avec ténacité,
Font preuve d’une remarquable générosité
Et méritent, sans limite, notre solidarité.

 Je suis confiné,
Alors pour eux, nos héros de la Santé,
Pour nos malades, nos morts aussi, et tous les affectés,
Je veux redire cette éternelle vérité :
Aimer, c’est tout donner.

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Que peut-il sortir de bon ?

Tu es trop laid pour être bon.
Tu fais planer sur nous ton spectre de mort,
Invisible, tu frappes sans prévenir,
Tu nous endeuilles encore et encore,
Et dans notre chair tu nous fais souffrir.

Tu es très laid, tu n’es pas bon.
Tu nous terrifies, tu nous sidères,
Tu renverses nos structures bien rodées,
Tu menaces des enfants, des pères, des mères,
Et mets à l’arrêt des peuples qui veulent travailler.

Tu es si laid, mais enfin, bon !
Tu nous imposes un arrêt dans la course effrénée,
Tu nous obliges à vivre et ressentir le présent,
Tu permets à chacun de se retrouver
Et de goûter le simple fait d’être vivant.

Tu es laid, mais à quoi bon ?
Tu nous pousses à nous soucier les uns des autres,
Tu nous suggères de quitter l’individualisme,
Tu fais naître en nous le désir d’une vie toute autre
Et de redécouvrir enfin l’altruisme.

Tu es vu laid, peux-tu avoir du bon ?
Nous pourrons, après t’avoir combattu et vaincu,
Nous respecter, que dis-je ? Nous aimer,
Veiller sur notre frère au bout du monde, au coin de la rue,
Rebâtir un monde centré sur la fraternité.

Tu es vraiment laid, mais c’est à nous de devenir bons.

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Regards

Il est beau, ton visage,
Ses traits fins, son grain de peau,
Il est vraiment à ton image,
C’est tout toi ; il est très beau.

Mais aujourd’hui, pour te protéger, pour me préserver,
Il se cache derrière ce tissu hideux,
Il ne se laisse plus admirer ni même regarder.
Heureusement, il reste les pépites de ta beauté, tes yeux.

Par tes prunelles enflammées je te reconnais,
Ton regard recèle en lui ton identité pleine,
Tu es mon frère Français,
Tu es ma sœur Brésilienne.

Et de moi, derrière mon masque blanc ou bleu,
Tu perçois l’expression que je t’envoie
Par mon regard, bienveillant ou sourcilleux,
Nos yeux se lient, et nous concentrent, toi et moi.

Alors mes frères, mes sœurs, je vous en prie,
Quand nos visages paraissent emprisonnés,
Donnons de nous-mêmes le plus beau de nos vies,
Offrons-nous, par le regard, le cadeau de la Liberté.

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Le Bateau

« Ô combien de marins, combien de capitaines »,
Ces vers, bien sévères, de notre grand Victor Hugo,
Rappellent que, depuis Noé, nous avons quitté la plaine,
Pour embarquer, tous ensemble, dans le grand bateau.

Le navire, c’est bien sûr une promesse d’aventure,
Des espoirs, du changement, de l’imprévu,
Des lagons délicieux aux abysses obscures,
Un plongeon permanent dans un perpétuel inconnu.

Le bateau, c’est aussi une traversée,
Vers un rivage aux contours différents,
Où une nouvelle vie, espérée ou redoutée,
Nous tend les bras et, patiemment, nous attend.

La barque est saisie dans la tempête
Et nombreux à bord, marins ou passagers,
Courent en tous sens, tels des canards sans têtes,
Terrifiés, contaminés, paniqués.

Mais à l’arrière, allongé sur son coussin,
Dans une apparente insouciance,
Le maître est totalement serein
Car il sait, Lui, en qui il faut placer sa confiance.

« Nous sommes perdus» entend-on partout,
La tempête étend chaque jour ses ravages
Et le mal insidieux se déchaîne comme un fou
Agitant sa faux chaque jour davantage.

Oui, nous sommes tous dans le même bateau,
Galériens du monde entier assaillis par les flots terrifiants,
Étouffés par le mal, envahis par la peine,
Et pour parvenir au havre et trouver le repos
Nous devons y croire, humbles et confiants…
Ô combien de marins, un seul capitaine !

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Seul

Seul ! D’aucuns sont, en ce moment, très isolés,
Dans leur espace de vie qui se rétrécit.
C’est pour eux bien pénible d’être confiné
Quand on n’a pas la présence d’un frère, d’une compagne, d’un ami.

Seul, le célibataire coincé dans son appartement
Qui, même s’il peut se distraire ou travailler,
Ne peut partager pleinement
Ses émotions, son intimité.

Seule, la personne âgée qui vit encore chez elle,
Qui ne sort plus, ne voit plus ses enfants et leurs petits,
N’a plus de soutien et tourne, comme le chantait Brel,
Du lit à la fenêtre, du lit au fauteuil, puis du lit au lit.

Seule, la personne âgée dépendante
Qui ne reçoit plus de visite, ne voit plus les résidents,
Et malgré les soins attentionnés des infirmières et aide-soignantes
Vit tristement, isolée dans sa chambre, un double confinement.

Seul aussi l’homme ou la femme de la rue
Qui n’a pas d’abri sûr pour se réfugier
Dont tout le monde s’éloigne, qui est encore plus exclus
Et qui ne peut, malgré le danger qui rôde, correctement se protéger.

Elles sont nombreuses, autour de nous, ces solitudes
Et même si notre devoir est de rester confinés,
Elles appellent d’un cri étouffé toute notre sollicitude
Pour continuer à conjuguer le verbe partager.

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La revanche de l’esprit sur le corps

Le corps est enfermé mais l’esprit voyage ;
En ces temps étonnants
Que rien, dans notre histoire, ne présage,
Le spirituel, sur la chair, est enfin gagnant.

Faisant, des moyens de communication,
Un abondant et immodéré usage,
Nous pouvons nous cultiver tout en faisant attention
À ne pas risquer de devenir sauvages.

L’heure est au repos des corps
Mais les esprits s’affûtent,
Tandis que s’échangent poèmes et lectures de tous bords
Musiques et opéras, tant d’œuvres d’une beauté brute.

Amis qui égayez notre difficile patience,
Qui stimulez nos rires et nos intellects,
Je vous suis reconnaissant pour votre constance
À veiller que nous ne bourdonnions pas tels des insectes.

Grâce à vos messages, ciselés et plaisants,
Nous pouvons rire, nous émouvoir et voyager
Et faire fi de notre pénible confinement
Pour mieux, de la nature humaine, nous émerveiller.

C’est sans doute là un des inattendus bénéfices
De cette période incroyable et potentiellement anxiogène,
Que de faire fuser dans nos têtes des feux d’artifices
Et, à tout notre être, d’apporter de l’oxygène.

Alors, pour ces magnifiques témoignages
Pour ces textes, ces rires et ces différents stimulis
Je veux dire avec force et sans ambages
En lettres majuscules, un immense MERCI.

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L’épreuve

La nature nous réserve de bien dures épreuves
Nous fournissant une occasion d’affronter
Des contraintes jamais vues, une situation neuve,
En faisant surgir d’on ne sait où un sournois danger.

L’épreuve, c’est le nom du grand examen,
Ce bachot que passent à la fin de chaque année
Les mille et cent jeunes et lycéens,
Et qu’ils ne peuvent réussir sans s’y être bien préparés.

L’épreuve, c’est ce temps où le sportif s’engage à cent pour cent,
Et pour lequel il a consenti de coûteux efforts
Pour parvenir à un complet dépassement
Et chercher à toujours devenir plus fort.

L’épreuve, c’est aussi ce procédé industriel
Par lequel on transforme, dans le feu,
Les matériaux les plus nobles, les plus essentiels,
L’or, l’argent et autres métaux précieux.

L’épreuve, c’est donc cette situation incertaine
Faite de risques, connus ou imprévisibles,
Qui nous coûte, qui nous met à la peine,
Mais dont on espère devenir meilleurs, si c’est possible.

Le mal qui nous afflige aujourd’hui est bien une rude épreuve
Que nous envoie la Création, celle-la même que nous avons malmenée.
À nous d’en saisir les subtils contours et de faire preuve
De lucidité et de courage pour devenirs meilleurs, c’est à notre portée.

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La patience

Oh que le temps nous semble long,
À mesure que s’égrennent
Sur le chapelet de nos jours à la maison
Les semaines qui succèdent aux semaines.

Notre monde, si habitué à cette course effrénée
A du mal à se plier, par obéissance,
À ne plus se gaver de l’immédiateté,
À tout simplement réapprendre la patience.

Le cultivateur, le moine ou le marin
Sont hommes sages, rompus au temps long,
Il savent que c’est au pas du pèlerin
Qu’on peut atteindre le port ou la moisson.

Mes amis, c’est en gardant le cap sur le lointain
Que patiemment nous creuserons notre sillon,
C’est en vivant chaque aujourd’hui avant demain
Que le temps, tranquillement, nous paraîtra fécond.

Apprécions les petits bonheurs avec constance,
Traversons l’épreuve dans la confiance,
Sachons donner la première place à l’espérance
Et nous serons récompensés de notre Patience.

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Le Printemps

La saison a changé, l’équinoxe est passé,
Le soleil généreux nous envoie ses rayons réconfortants
Faisant sortir les fleurs et verdir les prés ;
Oui, sans nul doute, c’est bien le printemps !

Les oiseaux font leurs nids,
Les agneaux sont bien nés,
Et tandis que partout foisonne la vie …
Nous sommes toujours confinés !

Curieux printemps, cette année
Où le vert du renouveau,
Semble recouvert d’un gris embrumé
Qui nous empêche de savourer ce naturel cadeau.

Nettoyons donc nos tristes lunettes,
Obsédées par le virus et ses morsures,
Ouvrons toutes grandes nos fenêtres
Et contemplons la beauté de la nature.

Se réjouir du printemps n’est pas être dans le déni
Du mal qui nous accable avec dureté
Et pousse certains dans les excès du catastrophisme,
Mais bien plutôt la capacité de faire fi
D’une apparente et ignoble fatalité
Pour choisir et proclamer l’optimisme.
Le printemps est bien là
Et, malgré l’âpreté du combat
C’est, tous ensemble, que notre volonté vaincra
Car la nature nous offre … Prima Vera !

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Gratitude

Depuis quelques semaines l’habitude est prise
De remercier chaque soir, à vingt heures au cadran,
Dans une collective et joyeuse entreprise
Le dévouement et l’héroïsme de nos soignants.

Voilà un bien bel élan du cœur
Pour retrouver une expression que nous avions trop oubliée,
Dans notre vie à cent-à-l’heure
Où ne finissait par compter que la rentabilité.

Oui, savoir s’arrêter pour, simplement, dire merci
À toutes celles et ceux qui se dévouent,
Qui dépensent sans compter leur énergie,
Pour servir leurs frères, c’est déjà beaucoup,
En disant, comme le Sauveur de toute vie,
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ? »

Merci aux hommes et femmes de la Santé,
Merci à tous ceux qui maintiennent les services publics,
Merci à tous les dévoués qui nous aident à traverser
Ces moments qui, sans eux, seraient plus tragiques.

Que l’épreuve infligée à toute l’humanité
Lui serve à sortir de ses stériles habitudes
Et à retrouver, dans un élan de pure sincérité
Le goût immodéré pour la gratitude.

Et en ce jour si particulier
Où il souffle ses presque cent bougies
C’est vers mon cher Père, tant aimé,
Que je veux dire, à pleine voix, MERCI.

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La constance

Oh qu’il est difficile, quand on a pris une résolution
De s’y tenir et de ne point fléchir
De poursuivre, résolument et avec application,
Les comportements que l’on a pu choisir.

Il n’est pas toujours facile de prendre de radicales décisions
Et parfois, une circonstance ou un pouvoir supérieur nous les imposent
Mais, quelles que soient les origines de nos orientations,
C’est bien dans la constance de nos efforts qu’il faut juger la chose.

« Français, l’heure est grave, il faut vous confiner »
Disait notre président lorsque l’épidémie devint oppressante,
Et nous nous sommes exécutés, sagement disciplinés,
Ayant bien compris qu’il fallait juguler cette horreur si malfaisante.

Les jours se firent semaines, le temps installa son usure
Et petit-à-petit le relâchement fit poindre le bout de son nez.
On vit, dans les rues, de plus en plus de voitures,
De personnes qui ne supportaient plus d’être confinées.

L’histoire nous rappelle de nombreux cas de versatilité,
De reniements, signes de lâcheté, mais parfois aussi de sagesse,
Des « Hosanna » qui se muent en « Crucifie-le ! » dramatiques,
Des « Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé »
Jusqu’à Henri pour qui « Paris vaut bien une messe »
Et, pour s’asseoir sur le trône, se fit catholique.

Changer d’avis serait-il la marque d’une conversion
Ou d’un renoncement aux engagements pris, fussent-ils solennels ?
Le discernement doit nous aider à identifier le bon
Et virer de bord, s’il faut éviter les écueils mortels.

Encore faut-il, pour bien juger, garder de sains principes
Et solliciter notre intelligence dans tous ses complexes rouages
Car seul l’esprit aiguisé, appuyé sur de fortes valeurs, participe
À faire les bons choix, pour soi-même et son entourage.

Dans notre drame où le mal sournois continue à roder
Toutes nos énergies doivent se tendre pour sauver la France ;
Alors, Français, je vous en conjure, restez confinés
Et dans cet effort, gardez de la Constance.

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Le sablier s’est-il perdu ?

Quel jour sommes nous ?
En voilà une question bien banale,
Mais qui revient si souvent, c’est fou !
Aurions-nous perdu nos repères au point d’être bancals ?

Quand notre quotidien de confinés,
Désœuvrés ou agités tels des hamsters
Nous laisse tout désorientés,
Comment réagir, que faut-il faire ?

La vie, d’ordinaire, est bien rythmée
Sept jours font une semaine, sept matins et autant de soirs,
Et le travail laisse enfin la place à la mosquée
À la synagogue ou à l’église pour prier et rendre gloire.

Certes, nous n’avons pas tous le même tempo hebdomadaire,
Mais il y a bien une succession de temps de labeur
Et de jours de repos, pour casser l’ordinaire
Et donner à notre vie une dynamique, c’est sa saveur.

Et là, depuis un temps qui déjà nous paraît infini,
Nous ne voyons plus ces nécessaires jalons
Et reproduisons chaque jour, est-ce dimanche ou bien lundi ?
Les événements du quotidien, dans une hypnotique répétition.

La pendule a beau marquer les minutes et les heures
Le temps nous semble comme figé, suspendu,
Et nous avançons parfois dans une épaisse torpeur ;
Sur ce chemin étrange, le sablier s’est-il perdu ?

Alors, ne perdons pas le fil de nos existences,
N’oublions pas que le jour vient remplacer la nuit
Et que ce n’est pas vers le néant que se tourne notre espérance
Car au bout du chemin, Pâques nous apporte la vie.

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Mets de l’huile

Depuis des temps immémoriaux, les humains
Aux champs comme à la ville,
Ont recours, pour que leurs jours soient sereins,
À ce fluide si précieux, de l’huile.

Qu’elle parfume la cuisine à merveille
Ou qu’elle lubrifie les mécaniques,
Qu’elle protège des rayons du soleil
Ou qu’elle enduise les lutteurs historiques,

L’huile est un splendide bienfait de la nature,
Un cadeau du Créateur, en somme,
Même si, pour elle, il faut toute une culture,
Fruit de la terre et du travail des hommes.

Bien sûr, dans ma belle commune d’Ollioules,
C’est de l’olive millénaire qu’elle est élaborée,
Mais bien d’autres huiles s’écoulent
Dans les vases qui, aujourd’hui, sont apprêtés.

Car en ce jour, elle est bénie par monseigneur
Pour pouvoir mieux servir et réconforter
Celles et ceux qui recevront le Seigneur
Tout au long de l’année.

Et en ces temps où la pandémie fait des ravages,
Il en faut, de l’huile, pour mener cette croisade,
Et apporter la Grâce qui, jusqu’au plus profond de l’âme, soulage
Ceux qui en ont le plus besoin, les malades.

Huile baptismale ou huile confirmante,
Elle donne à qui la reçoit l’élan et la vigueur.
Huile du réconfort, huile régénérante,
Elle apaise le corps et le cœur.

Alors, si tu as soif d’une vie nouvelle,
Que tes jours soient heureux ou difficiles,
Si tu veux goûter à l’Éternel,
Petit homme, mets de l’huile.

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Sourire

En ces temps où nous sommes isolés
Les uns des autres, fuyant les contacts,
Il est un moyen simple, mais insuffisamment pratiqué,
De se manifester le meilleur, avec tact.

Devant l’employée, fidèle à son service
Qui nous accueille sans rien dire
Nous pouvons offrir, sans nul sacrifice,
Notre visage éclairé d’un simple sourire.

Cet air débonnaire ou sympathique,
Qui peut être malicieux voire humoristique,
Ne nécessite en nous qu’une bien simple gymnastique
Pour dérider allègrement nos zygomatiques.

Un sourire ne coûte rien mais enrichit
Mutuellement ceux qui le donnent et le reçoivent,
Sans que jamais ce sésame embelli
Ne trompe ni ne déçoive.

L’homme le plus triste, le plus aigri,
Ne peut rester enfermé dans le pire
S’il perçoit, fièrement affiché devant lui,
Un visage arborant le plus radieux sourire.

Mais, me direz-vous, nous sommes masqués !
Qui pourra voir notre sourire ?
Peu importe que votre bouche soit ou non dévoilée,
Votre visage, même partiellement caché, ne saurait mentir.

Et quand l’atmosphère ambiante est morose,
Quand nous oscillons entre craindre et souffrir,
Il n’est point de plus importante chose
Que d’offrir autour de nous notre sourire.

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Service

« Que le plus grand soit celui qui se met au service »
Voilà un bien beau commandement,
Surtout en ces temps où nous sont demandés tant de sacrifices,
Pour nous orienter toujours vers le bon mouvement.

Nous ne sommes effectivement pas sur Terre
Pour jouir de succulents délices
Tandis qu’autour de nous nos sœurs et nos frères
Souffrent parfois de terribles supplices.

« C’est vrai, mais je ne suis pas médecin ! »
Objectera l’homme ou la femme de bonne volonté ;
Mais, même comme simple citoyen
Il y a mille manières de manifester sa bonté.

L’important est de savoir se décentrer,
De penser à l’autre avant soi-même,
De faire de l’empathie notre métier,
Pour ne plus être le centre du système.

On pourra, au sens propre ou bien au figuré,
Laver les pieds de ceux qui en ont le plus besoin,
Sans craindre pour cela de s’abaisser
Car cette élévation nous emportera bien loin.

Si de grandes figures qui méritaient tant d’honneurs
Ont été au service tout en ayant un verbe fort,
Alors nous aussi nous pourrons devenir des serviteurs
Pour apporter à nos frères souffrants du réconfort.

Que ces modèles soient à jamais dans nos esprits et nos volontés
Pour que nous puissions nous imprégner de ce message laissé pour nous :
« C’est un exemple que je vous ai donné
Afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
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Ma Mère

Bien sûr, quand on me demande de qui je tiens ma vie
Je n’ai aucune forme d’hésitation,
Je sais nommer mes parents sans aucun souci,
Je me demande même : pourquoi cette interrogation ?

Mais si c’est bien à mon père et ma mère
Que je dois ma naissance,
Mon entière filiation, dans tout son caractère,
Est plus large, elle définit toute mon existence.

« Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »
Ceci n’est pas la question d’un fils ingrat
Mais bien plutôt celle d’un homme expert
Qui sait bien que l’évidence ne suffit pas.

Si nous avons tous été créés par un même Père,
De toutes époques et toutes générations,
C’est indéniablement que nous sommes tous frères
Et que nous partageons une même filiation.

Et en ce jour si chargé d’émotion
Où nous commémorons le sacrifice du Fils du Père,
Nous recevons de Sa part, avec une immense vénération,
Le lien éternel qu’Il nous confie : « Voici ta Mère ».

Oui, depuis ce jour entre tous mémorable
Nous sommes tous faits fils de notre Maman du Ciel
Elle qui veille sur ses enfants d’un regard admirable
En nous montrant toujours le chemin de l’Éternel.

Si notre pleine et entière fraternité,
Chaque homme, à chaque femme son égal,
Découle de l’originelle Création,
Celle qui incarne la céleste maternité
Fonde, pour nous tous, ce lien ombilical
Dans le message de la Passion.

Voici ma Mère !

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En profondeur

Il est des moments où il devient approprié
De quitter la surface de notre monde
Pour rentrer temporairement en plongée
Dans des arcanes obscures et profondes.

Ces heures d’intense intériorité
Peuvent être magnifiquement fécondes
Surtout lorsque l’on vit confiné
Et que la vacuité de sens nous inonde.

Entrer en grande profondeur nous permet
De bénéficier d’un plus calme environnement,
De méditer dans une atmosphère de grande paix
Pour remonter ensuite renouvelé et tout différent.

Car la plongée n’a véritablement de sens
Que si l’on revient après à la surface,
Pour vivre une nouvelle existence
Régénérée, dans cet étrange espace,
Par un profond examen de conscience
Pratiqué pour soi-même, en face-à-face.

En ce samedi qui semble totalement privé de lumière
Nous commémorons le séjour dans le tombeau
Et la descente jusqu’aux enfers
Pour libérer ceux qui attendaient le renouveau.

Séjour mystérieux, objet de toutes nos interrogations
Dans un caveau froid, une pénombre livide,
Point ultime de cette stupéfiante Passion.
Mais, nous le savons, le tombeau est vide !

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Joyeuses Pâques

« Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie »
Nous ne nous fatiguons pas de le chanter
Car c’est fête pour tous, que l’ont ait ou non la foi,
Et les Chrétiens exultent : « Christ est ressuscité ! »

Pâques est là, la joie envahit les cœurs,
C’est avant tout le triomphe de la vie
Qui nous procure un si profond bonheur.
La mort est vaincue, adieu les visages noircis,
Fini le temps des larmes et des pleurs,
Les hommes exultent et les enfants rient.

De partout fusent les messages « Joyeuses Pâques »
Et chacun veut souhaiter à son prochain
Une vie plus belle, pas forcément paradisiaque,
Mais plus authentique, pour aujourd’hui et pour demain.

Pâques, c’est la lumière qui jaillit des ténèbres du tombeau
Et envahit l’espace pour nous combler de son éclatante beauté,
Une lumière qui porte l’homme nouveau
Pour annoncer un monde entièrement renouvelé.

Aujourd’hui, la lutte contre la pandémie continue
Et il y a toujours de la peine et de la souffrance,
Le mal n’est pas encore vaincu
Mais, plus que jamais, il y a l’Espérance.

Cette fête extraordinaire nous le rappelle, l’Espérance l’emporte !
Avec la confiance et les efforts, viendra la guérison,
Face à cette maladie, la vie est toujours la plus forte
Et l’humanité verra sa résurrection.

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Une Voix

Il y a les cinq sens, nous les connaissons,
Qui nous permettent de percevoir notre environnement,
Mais il y a aussi ce avec quoi nous nous exprimons,
Ils sont tout aussi divers, chacun différemment.

Le regard, les gestes ou la posture
Sont presque aussi expressifs
Que les mots et l’écriture,
Ou le langage non-verbal, parfois si décisif.

Mais c’est bien notre voix
Qui, de nos modes d’expression, est la reine,
Elle à qui l’esprit, sa majesté le roi,
Confie les clés d’une communication souveraine.

La voix chante et enchante,
Elle transporte les cœurs
Vers des horizons qu’elle invente,
Vers le pire mais parfois le meilleur.

Pour susciter de tels transports,
Il n’est point nécessaire d’être une soprano
Une alto, un baryton ou même un ténor,
L’important est surtout d’être convaincu de son credo.

La voix rassemble les énergies pour aller plus haut
Lorsqu’elle est maniée par un éloquent harangueur ;
Bonaparte et de Gaulle ont su la manier avec brio
Pour sublimer les épreuves et enflammer l’esprit vainqueur.

Quand la société est perdue, comme dans les marais
Du doute et de l’incertitude,
Quand nul ne sait plus où trouver le vrai
Et que règne l’inquiétude,

C’est vers le chef que l’on se tourne, c’est lui que l’on attend
En espérant qu’il va nous diriger vers la juste voie,
Qu’il parviendra à exercer un bon discernement ;
On veut le voir, mais plus encore entendre sa voix.

À lui qui sollicitait naguère nos voix
Pour être élu, sa toute première fois,
Nous disons : « Montre-nous que tu y crois,
Donne-nous l’envie de suivre ta voie ».

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Un Objectif

Ainsi donc, il faudra rester encore quatre semaines
Sans sortir ni pouvoir reprendre une vie sociale ;
Quatre semaines de plus, voilà la valeur de la peine
Demandée à tous pour mieux lutter contre le mal.

Quatre semaines, est-ce bien sûr, est-ce définitif ?
Nous aimerions avoir sur nos agendas des certitudes
Mais au lieu de cela, il nous faut les considérer comme un objectif
Qu’on ne peut annoncer avec exactitude.

L’objectif, c’est ce point à atteindre, disent les militaires,
Vers lequel doivent converger toutes les énergies,
Tous les efforts et les sacrifices supplémentaires,
Ce but ultime où la victoire, enfin, nous sourit.

Mais le point à atteindre n’est-il pas plutôt l’horizon,
Dont les marins se plaisent à souligner
Qu’il est une ligne qui s’éloigne de votre observation
À mesure que vous pensez vous en approcher ?

Observation qui, précisément, peut se faire à l’optique
Dans un mode plus ou moins admiratif
Grâce à un appareil photographique
Et, là encore, son indispensable objectif.

Mais, qu’ils viennent de la photographie ou du vocabulaire militaire,
Le procédé et le but sont-ils pleinement affirmatifs
Pour susciter une compréhension suffisamment claire
Et ne pas être pris, à l’inverse, comme totalement subjectifs ?

On le voit bien, lorsqu’une échéance est communiquée
Sans qu’on puisse dire si elle est précise
C’est tout le verbiage qui en est brouillé
Car l’objectif pourra être flou ; mauvaise surprise !

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Humilité

La nature est extraordinairement complexe
Nous la connaissons peu, il nous faut bien l’admettre.
Ses évolutions nous laissent souvent perplexes
Et nous sommes peu de choses, nous devons le reconnaître.

« Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien »
Disait Socrate, l’un des esprits les plus éclairés,
Prenant ainsi acte de sa petitesse d’humain
Et démontrant au passage une grande humilité.

Depuis ce philosophe et la plus haute Antiquité
Les sciences n’ont cessé de chercher à comprendre
Cette nature, avec laquelle une certitude trop vite énoncée
Peut nous conduire, fatalement, à nous méprendre.

Et elle nous joue des tours à sa façon
Avec des organismes tellement évolutifs
Qui, de transformations en mutations,
Ne cessent de brouiller les cerveaux les plus incisifs.

Devant une nature aux contours encore bien mystérieux
Qui nous laisse, à nos dépens, comme devant une énigme
L’homme doit reconnaître ses limites, avec sérieux,
Et remettre en question, s’il le faut, ses paradigmes.

Nous devons humblement cesser de jouer aux apprentis-sorciers
Et nous contenter de nous adapter à notre environnement
Plutôt que de poursuivre des chimères d’homme-augmenté
Croyant pouvoir tout contrôler, sans voir notre côté arrogant.

Pourtant, l’histoire de la création nous le rappelle,
Et nous devrions en retrouver la sagesse
Plutôt que de nous entêter dans l’ignorance :
C’est à nous de nous adapter à elle,
De trouver dans ses forces de quoi pallier nos faiblesses,
Faute de quoi nous demeurerons des « Esprits sans intelligence » !

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Manquer

Que ce spectacle est triste, dans les magasins,
Quand nous voyons des rayons vides,
Et que la peur du lendemain
Rend les acheteurs à ce point avides.

Sommes-nous face à un risque de pénurie ?
Aura-t-on du mal à satisfaire notre alimentation
Pour que nos congénères aient à ce point envie
De faire d’incroyables provisions ?

De pénurie, il n’y a nul signe avant-coureur,
L’agriculture et l’industrie continuent leurs productions
Et personne n’a de raison véritable d’avoir peur
De ne pouvoir approvisionner sa maison.

Des décennies de vie, pas forcément prospère
Mais pour le moins confortable,
Nous ont fait perdre le sens du simple nécessaire
Et de la mesure raisonnable.

La raison de ce comportement primaire
Tient dans un verbe que nul n’aime prononcer
Et duquel la conjugaison ne nous est plus familière,
Un verbe simple et qui pourtant  nous déplaît : manquer.

Manquer fait peur et terrifie, c’est dramatique,
Manquer provoque des comportements irrationnels
Et tant de gens cèdent à la panique
Pour se précipiter dans une accumulation pulsionnelle.

Mais manquer peut aussi avoir des effets bénéfiques
En nous permettant de mieux identifier le superflu
Et de choisir de nous en passer, ça n’est pas si tragique,
Pour vivre avec le juste nécessaire, ni moins ni plus.

Manquer nous permet aussi de penser à tous ceux
Qui ne rêvent même pas de vivre dans l’opulence
Et qui savent être heureux avec peu
Sans pour autant ressentir de carence.

Manquer, enfin, est un verbe qui peut rimer,
Et il est beau de le souligner dans un poème,
Avec celui qui nous demande un effort : jeûner
Verbe de circonstance, en ces temps entre Ramadan et Carême.

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Et Après

La crise sanitaire est profonde, elle nous bouscule
Elle suscite dans nos sociétés de multiples craquements
Et, dans bien des domaines, elle provoque des reculs
Annonçant des douleurs qui viendront dans leurs temps.

Elle fait naître aussi de grandes aspirations
Dans des sociétés qui profitent de cette pause
Pour réfléchir à d’autres formes de relations,
Où l’homme puisse redevenir le centre de toute chose.

On voit fleurir, par les mots ou les chants,
De grandes phrases et de beaux slogans
Qui expriment le désir qu’après ces tourments
Rien ne soit plus comme avant.

« Après, on arrêtera de s’ignorer ;
Après, on cessera de massacrer ;
Après, on fera attention à protéger ;
Après, on veillera à partager. »

Les intentions sont louables et elles méritent nos énergies
Pour qu’effectivement des changements s’opèrent
Et qu’on n’assiste pas, à notre dépit,
À un simple retour aux anciennes affaires.

Car la nature humaine et les structures sociales
Peuvent être des freins aux indispensables conversions
Lorsque, après avoir enduré et vaincu un si grand mal,
Le retour sécurisant à un ordre connu sera la tentation.

Après la crise il faudra donc doublement se motiver
Pour qu’aucune paralysie, voulue ou subie, n’empêche
Les mutations que notre monde attend, maintenant et ici ;
Pour que nos frères ne disent, fatigués ou désabusés,
En reprenant la vie comme avant : « Je retourne à la pêche ! ».
Relisons et appliquons Laudato Si’.

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Endurance

« Tais-toi ! Je ne veux plus t’entendre ! »
« Va t’en ! Je ne veux plus te voir ! »
Qu’il est loin le temps où l’on était tendres
Et qu’on se câlinait délicieusement le soir.

C’est pour certains couples une terrible épreuve
Que ce confinement qui s’éternise
Et fait vivre des situations neuves
Où l’un et l’autre s’épuise.

L’amour, au moins au début, était beau et fort,
La tendresse, il y a peu de temps, était encore présente,
Mais le confinement en a grippé le ressort
Et même l’affection semble douloureusement absente.

Il n’est certes pas facile d’être en permanence
En un lieu clos jour et nuit,
De supporter avec constance
Celui ou celle que l’on finit par voir en ennemi !

Dans le cours normal des choses
Chaque conjoint trouve son équilibre
Entre moments tendres et temps de pause
Pour mieux se ressourcer, pleinement libre ;

Mais voilà que notre vie de maintenant
Nous impose à longueur de journée
D’endurer, et c’est obsédant,
Les travers cachés que l’on ne peut plus supporter.

Dans ces temps bien difficiles et éprouvants,
Trop nombreux sont ces couples qui endurent
Les tensions, colères et emportements
Qui rendent la vie confinée encore plus dure.

Même si le couple aspire légitimement au bonheur
L’épreuve fait partie de la vie,
Et, alors que l’orage peut sembler destructeur,
Il y a toujours du soleil après la pluie ;
N’oublions pas cet appel : « N’ayez pas peur ! »
L’amour est un ciment qui patiemment se construit.

Le marin avisé sait ajuster sa voilure
Quand s’impose la tempête
Et patiemment, à la cape, il endure
Car il sait qu’après viendra la fête.

Soyez donc miséricordieux et patients
Pour traverser cet impétueux cours d’eau
Et n’oubliez pas que, des deux, le plus résistant
N’est pas le chêne, mais bien le roseau.

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Pédagogie

Nous rencontrons parfois des situations
Si extraordinaires qu’elles dépassent l’entendement
Et qui provoquent une telle sidération
Qu’elles en altèrent notre raisonnement.

Comment imaginer que la moitié de l’humanité,
Dans un monde en perpétuel mouvement,
Soit réduite à une glaçante immobilité
Et un angoissant confinement ?

Comment nos esprits, si facilement cartésiens,
Pourraient-ils prendre au sérieux des décisions
Qui perturbent à ce point le quotidien
De tant de peuples et de nations ?

Comment cesser, pour une fois, de critiquer
Les choix de ceux qui gèrent la crise,
Alors qu’il nous manque parfois certaines clés
Pour que ces complexités soient bien comprises ?

Ce serait presque comme si l’on voulait nous faire croire
Qu’après la mort on peut se relever
Et susciter ainsi le stupéfiant espoir
De voir, un jour, un défunt ressusciter !

« Non, si je n’y mets pas la main, si je ne le vois pas,
J’aurais beau écouter tous vos discours
Je n’y croirai vraiment pas,
Ni aujourd’hui ni aucun autre jour. »

L’histoire est bien connue et même passée dans le langage
Et qui d’entre nous ne s’est jamais identifié à Saint Thomas ?
Les Chrétiens n’en ont pas l’apanage
Et nombreux sont ceux qui se bloquent quand ils ne croient pas.

Lorsqu’une crise nous dépasse et nous sidère
Il faut que ceux qui sont en mesure d’éclairer
Les peuples et tous leurs congénères
Puissent expliquer, convaincre, être écoutés.

C’est tout l’honneur des gouvernants,
Avec des mots simples et beaucoup de clarté,
De faire comprendre aux humbles comme aux savants
Tous les aspects d’une si complexe réalité.

Il nous faut donc ouvrir grands nos esprits
Pour que nos intelligences rejoignent nos espoirs,
Et prendre notre part à la pédagogie
Car, avec elle et de la foi, on doit y croire.

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Incertitude

Nous sommes passés au confinement du jour au lendemain
Il fallait faire vite, c’était impératif
Pour prendre de vitesse le virus malin ;
Mais le déconfinement, nous dit-on, sera progressif.

Évidemment, on ne pourra rendre en totalité,
En quelques heures ou quelques jours,
Aux citoyens frustrés leur liberté
Pour quitter enfin leur oppressant séjour.

« Vais-je pouvoir sortir, m’aérer, travailler ?
Ma vie va-t-elle enfin reprendre ?
Serai-je libéré dans les premiers ou les derniers ?
Combien de temps devrai-je attendre ? »

Naturellement chacun se pose beaucoup de questions,
Veut exprimer son avis, donner des conseils au gouvernement,
Car dans le flou de ce genre de situation
Il faut montrer aux autres qu’on est le plus intelligent.

Être dans l’ignorance est une insupportable torture
Et nous aimerions pouvoir tout prévoir,
Organiser la société à notre propre mesure ;
Nous voulons, en fait, dès maintenant tout savoir.

Au fond, ce qui nous pose le plus de problèmes
N’est pas de bouleverser nos habitudes
Mais plutôt de nous sentir, tel Nicodème,
Remplis de doute et d’incertitude.

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Le monde est fou

J’ai l’impression que nous nous approchons du sommet
De l’absurdité de ce monde globalisé,
De l’incroyable fuite en avant, toujours dans l’excès,
De nos sociétés soi-disant développées.

Dans ce monde, vénérant le roi-argent,
Pour que tout coûte moins cher,
Pour que les profits soient encore plus florissants,
On délocalise le travail là où l’on paiera moins de salaires.

Ce qui faisait la fierté de la France, son tissu industriel,
Est parti s’installer dans d’autres pays ;
Nous n’avons plus ici ce qui nous est essentiel,
Il ne nous reste plus qu’à gérer la pénurie.

Pour faire face aux défis de l’urgence
Nous importons massivement, en espérant que les normes
Seront respectées et que l’on pourra avoir confiance ;
Las ! Les produits sont en partie non-conformes !

Pendant ce temps, profitant de la mondialisation
Les virus font de beaux voyages
Et font terriblement souffrir les populations
En leur infligeant d’affreux ravages.

Le comble de l’absurde est là, devant notre consternation :
Pour engraisser cette économie devenue folle
Il faut toujours plus de navires, plus d’avions,
Et donc des quantités monstrueuses de pétrole.

Mais voilà qu’on ne sait plus quoi en faire,
De ce naphte polluant et nauséabond,
Et que le monde fou des affaires
Ne sait plus comment le vendre ; on touche le fond !

Jugez-en, c’est tout simplement hallucinant,
Ce pétrole qu’on a arraché à notre Terre, meurtrie et souillée,
Ne peut plus s’échanger, même au comptant,
Les vendeurs paient les acheteurs pour s’en débarrasser !

Au-delà de cette histoire digne d’Alfred Jarry,
C’est sur toute la mondialisation que notre regard est attiré ;
Est-elle une mécanique emballée telle un cheval qui s’enfuit
Ou un système vertueux prometteur de prospérité ?

Certes l’interconnexion des intelligences
Permet à toute l’humanité de grandir ;
Grâce à elle ce sont les connaissances
Qui s’échangent et ouvrent un meilleur avenir.

De la même façon il y a des vertus salutaires
À mieux se connaître tout autour du monde ;
Ainsi les hommes peuvent s’entraider quand c’est nécessaire
Et fraternellement soulager les blessures profondes.

Mais quoi qu’on en dise, la mondialisation ne peut être heureuse
Quand elle n’a pour objectif que le profit et non la paix,
Quand elle affecte l’homme, en son cœur, de maladies affreuses,
Et l’asservit jusqu’à ce qu’il devienne un déchet.

Dans cette folie, nous arrivons effectivement au sommet
Il faut donc changer de route, oui mais vers où ?
L’heure est à la sagesse, plus que jamais,
Pour bâtir enfin un monde moins fou.

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Pèlerins sur les Chemins en 2020

Les Pèlerin(e)s de notre association sur les Chemins en 2020

Avant de partir sur les Chemins,
n’oubliez pas d’envoyer à Michel d’Auzon (dauzonroch@gmail.com)

un message indiquant le Chemin que vous allez parcourir,
la date de départ, le lieu de départ et le lieu d’arrivée.

Etant donné la situation exceptionnelle à laquelle nous sommes tous et toutes confrontés,
de par l’épidémie de Coronavirus (Covid-19),
tous les départs prévus en Mars-Avril et peut-être Mai ont été repoussés ou annulés.
J’attends donc la fin du confinement et notre libération pour mentionner
comme je le fais chaque année les projets de Chemins que vous voudrez bien me faire parvenir…

 

Pour afficher la page « Pèlerins sur les Chemins en 2019 Cliquez ICI

 

Proclamation de la Fédération Espagnole des Associations de Saint-Jacques 

 

Proclamation de la Fédération Espagnole des Associations de Saint-Jacques 
13 mars 2020

Texte original en espagnol, traduit en français :

« Comme vous le savez, nous sommes confrontés à une situation grave
qui a un impact important sur notre vie quotidienne :
écoles, entreprises, transports, magasins, hôpitaux…
Il est clair que le Chemin de Saint-Jacques, en tant que « Voie principale de l’Europe »,
est affecté par ces facteurs et, nous le craignons, plus sévèrement dans les jours à venir
et pour une période totalement indéterminée.

En tant que Fédération espagnole des associations d’amis du Chemin de Saint-Jacques,
nous considérons que l’incertitude ne doit pas aller de pair avec l’inaction, ce qui fait partie de notre responsabilité,
comme de celle de toutes les associations, est d’informer et, en ce moment, de coordonner les actions dans la mesure du possible.

Informer : Le pèlerin sans créer d’alarme, les municipalités par lesquelles passent les routes jacobéennes,
les associations et autres Institutions et entités, de la situation du Chemin, de ses logements et services et des zones à risque
(car elles sont, à un degré plus ou moins important, touchées par l’épidémie de COVID-19).

Pour toutes ces raisons, nous avons créé un groupe de travail dont les principaux objectifs sont :
1) Rendre compte des recommandations que le gouvernement (espagnol),
par l’intermédiaire des autorités sanitaires, met à jour à tout moment.

2) Rendre compte de la « FERMETURE TEMPORAIRE » des refuges et des hébergements
(d’associations, de municipalités, de paroisses, privés et publics) dont nous aurons connaissance.
Cette mesure est fondamentale pour le pèlerin.

3) Informer sur les éventuelles fermetures, pour les raisons dont nous parlons,
des installations des associations d’Amis du Chemin, au fur et à mesure que nous en recevons des nouvelles
et faciliter les contacts alternatifs qui seront actifs tant que cette situation sera maintenue.

4) Informer les pèlerins dès lors que ce n’est pas le meilleur moment pour « aller » sur le Chemin,
en recommandant à ceux qui prévoient de le faire dans un avenir proche de le reporter et à ceux qui sont sur le Chemin,
dans la mesure du possible, de l’abandonner.

5) Essayer de coordonner les informations et les suggestions dont nous pouvons tous contribuer à unifier les critères,
réduire l’alarme et communiquer et informer avec bon sens, en bref, « indiquer » la voie comme l’exige la situation actuelle.

Pour tout cela, nous mettons à la disposition de tous : Le site web de la Fédération Espagnole et ses réseaux sociaux,
car vous savez qu’ils ont une portée et une immédiateté non négligeables, en y centralisant toutes les informations actualisées
qui peuvent être utiles pour surmonter cette crise, entre tout ce que nous pouvons obtenir.

Nous vous invitons à travailler ensemble, le moment l’exige et nous devons être à la hauteur,
nous vous fournissons des contacts afin que vous puissiez nous envoyer ce que vous jugez nécessaire
ou simplement pour résoudre des doutes ou des critères de demande.

C’est une occasion unique de mettre en valeur le travail réel des associations,
la dispersion géographique et la connaissance que nous avons du Chemin font de nous un élément unique,
d’une valeur incalculable. Soyons unis ! »

 
Source : www.caminosantiago.org

COVID-19

COVID 19 – Épidémie de Coronavirus.

Concernant vos projets de départ sur les Chemins,
beaucoup d’informations nous arrivent mentionnant
qu’en Espagne et au Portugal,

de nombreux hébergements Pèlerins sont annoncés comme fermés.
Il est donc conseillé de reporter vos projets à une date ultérieure…

Accompagner Nicolas de Rauglaudre sur la Camino Mozarabe.

Nicolas de Rauglaudre a parcouru les 720 kilomètres du Camino Francés
jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle en 51 jours,
au rythme moyen de 2 km/h et 14 km par jour.
Handicapé physique depuis l’âge de 18 ans, il a tenté l’aventure du Chemin.
L’auteur n’omet pas les difficultés propres au handicap et à la solitude qui en résulte.
Mais c’est surtout un récit lumineux qui dévoile avec finesse et sensibilité la joie des rencontres et de l’instant.

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Le 27 mai 2020, Véronique et moi repartons marcher sur le Camino Mozarabe,
en Andalousie, en compagnie d’une autre dame, amputée comme moi.

200 kilomètres entre Almeria et Granada, le long de la Sierra Nevada : 
Compte tenu de nos handicaps, je compte entre 15 et 20 jours de marche.
Avec quelques pauses, notamment à Guadix et bien sûr à Grenade, notre arrivée…

Il nous faudrait UNE ou DEUX AUTRES PERSONNES pour nous accompagner.
Valides, si possible. À 4 ou 5, ce serait bien.

Ceux qui n’ont pas pu me suivre l’an passé et qui ignorent le « Mozarabe »
peuvent se rendre sur mon site internet :

https://blog.nicolasderauglaudre.net/mozarabe1/

Si vous êtes tentés, contactez-moi sur cette adresse : compostelle@nicolasderauglaudre.net.

Il y a des avions de Lyon à Almeria presque tous les jours (entre 60 et 130€), avec transit par Madrid.
Le retour, depuis Grenade, pareil. Les autres aéroports, regardez par vous-mêmes.
La marche, elle, ne coûte rien, et les hébergements peuvent aller de 10 à 25€.
Les repas, en Espagne, ne sont pas chers non plus.
Mais nous traversons des régions désertiques, donc il faut prévoir du liquide.

Formulaires : Demande d’Adhésion et Demande de Credencial

Demande d’Adhésion à l’Association
« Amis de Saint-Jacques en Terre Varoise »

En Fichier WORD
En Fichier PDF

 Paiement par CB pour l’Adhésion à l’Association

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Demande de Credencial

En Fichier WORD
En Fichier PDF

Paiement par CB pour la Commande de Credencial

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