La place de la femme dans le Monde Jacquaire

LA PLACE DE LA FEMME DANS LE MONDE JACQUAIRE

par Pierre Swalus  –  pierre.swalus@verscompostelle.be

Si dans nos sociétés occidentales, l’égalité entre les femmes et les hommes est proclamée et si des progrès constants vers plus d’égalité
peuvent être constatés, il est aussi évident que bien des progrès restent encore à faire pour arriver à une totale égalité.

Les discussions actuelles concernant l’écriture inclusive et la prédominance du masculin sur le féminin dans la langue française
ainsi que la résistance au changement de ceux qui proclament que le masculin des termes doit être considéré comme un genre neutre
montrent encore , s’il le fallait , que le féminin n’est pas encore l’égal du masculin…

J’ai déjà montré à ce propos que la représentation du « pèlerin » (genre neutre) dans les statues de plus en plus nombreuses
que l’on rencontre sur les différents chemins vers Compostelle, est très majoritairement constituée de figures masculines :
l’homme y est présent dans 96 % des cas alors que la femme ne l’est que dans  11 % ! (1)

Et cependant les femmes sont nombreuses sur les chemins. Les statistiques des « compostela » distribuées montrent que
leur nombre ne cesse d’augmenter non seulement en chiffres bruts mais aussi en % du total des pèlerin.e.s :
Alors qu’elles représentaient 31% du total en 1991(2), elles ont atteint en 2017 les 49%(3)…
tout proche donc d’une parfaite égalité avec les hommes !
Cette participation des femmes est vraiment remarquable, car il y a très peu d’activités dans lesquelles
les femmes sont proches de la parité avec les hommes.

Si les femmes sont pratiquement aussi nombreuses à recevoir la « compostela » que les hommes,
on peut se demander si cela est également vrai  dans la part de responsabilité qu’elles prennent dans les Associations Jacquaires.

Pour répondre à cette question, nous avons étudié la composition des conseils d’administration des 46 associations jacquaires
francophones pour lesquelles nous avons pu trouver ces renseignements sur leur site web.
Le nombre de membres de ces conseils d’administration variant très fort  (de 3 à 22 membres),
nous avons  exprimé le taux de participation des femmes en pourcentage du nombre total de membres de  ces C.A..

En moyenne, le pourcentage des femmes dans ces C.A. est de 38,11%.
Ce n’est bien sûr pas la parité, mais comparé au pourcentage de 22 % de femmes en moyenne dans les conseils d’administration
et de surveillance des entreprises européennes(4) et de 23,2% pour la   Belgique(5), ces 38,11% constituent un résultat honorable.

De grandes disparités existent cependant entre les associations. Voici quelques chiffres pour les illustrer :

  • 5 sur les 46 associations dépassent les 60 % de représentation féminine dans leur C.A.
    (l’Aquitaine, le Westhoek, les Alpilles, le Lot et Garonne et les Jacquets Yussois) ;
  • 12 associations atteignent ou dépassent les 50% de membres féminins ;
  • 7 associations n’atteignent pas les 25 % de femmes dans leur C.A. ;
  • et une association a un conseil d’administration composé exclusivement d’hommes
    (nous tairons son nom car nous ne voudrions pas qu’elle soit traitée de misogynie !).

L’analyse peut être poussée plus loin en examinant quelles fonctions occupent ces femmes au sein des C.A..

Force est de constater que dans la répartition des tâches, les stéréotypes féminin/masculin reprennent vigueur.
En effet, alors que les femmes représentent 38,11% des membres des C.A., seuls 22 % des postes de président.e
sont occupés par des femmes, celles-ci reçoivent un lot de consolation en accédant à la vice-présidence dans 48 % des cas ;   
par contre  le poste de secrétaire leur est attribué dans 52 % des cas !

Évidemment les associations qui présentent une représentation féminine très minoritaire voire inexistante,
ne manqueront pas de se défendre de toute forme de sexisme ou de machisme et invoqueront l’absence  de candidate
ou leur trop faible nombre. Mais il est tout aussi évident que si pas ou peu de femmes se présentent pour occuper une fonction
au sein d’un conseil d’administration, ce n’est pas par hasard, c’est très probablement parce que rien ne les y incite ou même
parce que l’impression ressentie est  que les candidats attendus sont des hommes.

Comment peut-on essayer de changer cette situation ?

Le discours et l’écriture inclusives peuvent déjà être un  moyens de changement,
car comme le disent très bien Raphaël HASSAD et Carline BARIC :
« Le discours n’est pas simplement un instrument de l’influence, mais bien le lieu de l’influence »(6).

Très simplement, en bannissant l’usage du masculin générique et en  utilisant les termes féminins et masculins,
en ne faisant pas appel à « des candidats au poste de … », mais plutôt à « des  candidates ou candidats au poste de… »,
en parlant plutôt des « futures pèlerines et pèlerins » et non des « futurs pèlerins », en un mot en manifestant clairement
dans le discours et dans les écrits que la femme a la même place que l’homme.
Une telle démarche n’aura pas seulement des effets sur ceux qui écoutent les discours ou qui lisent les textes
mais aussi sur ceux qui les rédigent.

Concluons en disant  que le  monde jacquaire a encore du chemin à parcourir avant que la femme y soit l’égale de l’homme
et que s’il souhaite que la femme ait la place qui lui revient, il doit adopter une attitude proactive plutôt que d’attendre
que le  changement ne se fasse de manière spontanée.

 

(1) SWALUS Pierre, « La femme…   un pèlerin à part entière ? », En ligne sur le site Vers Compostelle de Pierre et Simonne Swalus : http://verscompostelle.be/femmepel.htm

(2) AFPSJC , « Statistiques du bureau des pèlerins à Compostelle »,
En ligne sur le site  de Association Française des Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle (AFPSJC
) :
http://ultreia.pagesperso-orange.fr/stats2.htm

(3) En ligne sur le site de l’Oficina de Acogida al Peregrino,  
https://oficinadelperegrino.com/en/statistics/  

(4) LEGUILLOUX Claude, « Entreprises : La part des femmes dans les organes de gouvernance et les structures de direction reste médiocre en Europe », En ligne sur le site  de Boursier.com :
https://www.boursier.com/actualites/economie/entreprises-la-part-des-femmes-dans-les-organes-de-gouvernance-et-les-structures-de-direction-reste-mediocre-en-europe-38312.html   publié le  08/03/2018

(5) ROULETTE Damien, « Femmes en entreprise: un indicateur de performances? »,  En ligne sur le site de la RTBF :
https://www.rtbf.be/info/dossier/dossier-diversite/detail_femmes-en-entreprise-un-idicateur-de-performances?id=9113198   publié le 26 octobre 2015 

(6) HASSAD Raphaël et Carline BARIC , « Manuel d’écriture inclusive. Faites progresser l’égalité homme/femme par votre manière d’écrire »,  document PDF publié en ligne sur le site de l’Université de Touloise III :
http://www.univ-tlse3.fr/medias/fichier/manueldecriture_1482308453426-pdf

 

 

 

Application Miam Miam Dodo pour Smartphones

Pour les Pèlerin(e)s « Branché(e)s »,
les Editions du Vieux Crayon viennent de finaliser l’Application Miam Miam Dodo

pour Smartphones permettant à ceux et celles qui vont partir sur le Chemin du Puy
(Section Le Puy-Cahors et Section Cahors-Roncevaux ainsi que les variantes du Célé et de Rocamadour)
de disposer d’un outil très performant dont « Les zoreilles du chemin »
vous détaille toutes les possibilités dans le PDF ci-joint. (A lire attentivement !)
Cliquez ICI

Sortie Inter-Associations – 14 Avril 2018

Cliquez ICI pour voir l’Album Photos de la Sortie

Ci-dessous une synthèse poétique de cette sortie Inter-Associations
que Frédéric avec talent nous a, dans un temps record écrite,
et lue devant la centaine de participants… Bravo !…

Passant derrière Charles Baudelaire,
Federico Garcia Lorca
Et Pablo Neruda,
Comment pourrais-je bien déclamer des vers ?

 (Eh bien, Frédéric, tu l’as fait avec succès !)

 

Le soleil était bien timide derrière sa nuaison
En ce samedi quatorze avril
Nous gratifiant d’éclaircies bien fragiles
Pour la rencontre inter-associations.

Ouvrir la journée par un discours de l’édile
Nous permit de partager nos ressentis
Sous les regards bienveillants de Sainte Rosalie
Avant de partir en une interminable file.

Le chemin nous unit tous, garçons et filles,
Casquettes blanches des Marseillais,
Casquettes rouges des Toulonnais,
Amis de Paca et des Alpilles.

À travers la colline, la garrigue et ses parfums
Régala sans réserve les heureux pèlerins
De ses bouquets fleuris de thym
Et de buissons généreux de romarin.

Sur une crête surplombant un grandiose paysage
La stèle à la mémoire des pompiers
De Grans, Pelissanne et La Fare-les-Oliviers,
Nous permit, à leur sacrifice, de rendre un bel hommage.

Le vin gai de Provence et les préparations culinaires
Nous permirent de mieux partager l’amitié
Entre pèlerins unis par la fraternité
D’un véritable esprit Jacquaire.

Alors pour cette journée si plaisante et si réussie,
Nous pouvons tous dire avec une grande reconnaissance
À nos amis, des quatre coins de Provence
Un immense et chaleureux merci !

Frédéric Sanoner – 14 Avril 2018

 

Les participants de cette sortie attentifs aux discours du Maire de la Fare-les Oliviers et de Guy Blanc Président de l’APCC

 Guy Blanc et le Maire
 Sur le plateau au-dessus de la Fare-les-Oliviers…

La stèle à la mémoire des pompiers

Le groupe au complet…

L’Echo des Chemins – Mars 2018

 L’Echo des chemins, une nouvelle lettre d’information pour les pèlerins !

> Une nouvelle newsletter (lettre d’information) mensuelle et gratuite, L’Echo des chemins,
vient d’être lancée par l’hebdomadaire Pèlerin.
Dédiée aux chemins de Saint-Jacques et aux autres voies de pèlerinage,
elle abordera également divers itinéraires mêlant patrimoine, nature et spiritualité.

> Chaque mois, cette newsletter comprendra: un agenda et une carte interactive recensant les actualités
des différents chemins de pèlerinage (marches, expositions, festivals, concerts, rencontres); des portraits,
des interviews; des articles sur des initiatives remarquables du monde associatif
(ouverture de nouvelles voies, organisation de pèlerinages pour les personnes à mobilité réduite, etc.);
des conseils pratiques; des dossiers sur les différents chemins;
la liste des livres (guides, récits, documents) parus récemment.

> Un lien essentiel entre les marcheurs en quête de sens et les arpenteurs de voies nouvelles qui répondent à l’appel du voyage.

Pour s’abonner gratuitement : http://www.pelerin.com/chemins

 

Première newsletter mensuelle «L’Echo des chemins»,
adressée à 48.000 destinataires début mars

CLIQUEZ ICI

Pèlerins sur les Chemins (2018)

Les Pèlerin(e)s de notre association sur les Chemins en 2018

Avant de partir sur les Chemins, n’oubliez pas d’envoyer à Michel d’Auzon (dauzonroch@gmail.com)
un message indiquant le Chemin que vous allez parcourir, la date de départ, le lieu de départ et le lieu d’arrivée.

Samedi 10 Mars : Nos adhérents de l‘Ensemble Polyphonique d’Ollioules seront sur le Camino Francés
à partir de Ponferrada jusqu’à Santiago et Fisterra. (Bruno, Robert, Béa, Alain et Serge).

Mercredi 11 Avril : Marie-Pierre et Alain Witrand partent sur le Chemin du Piémont Pyrénéen de Béziers à Biarritz.

Lundi 16 Avril : Chantal Genevier avec Thierry partent vers Rome à partir de St Maximin la Ste Baume.

Mardi 24 Avril :
Bernard Vernier part sur la Via de la Plata de Séville à Salamanque.

Dimanche 13 Mai : Jean-Pierre part sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques.

Mardi 15 Mai : Josy Buttin part sur la Voie d’Arles et Le Piémont Pyrénéen, de Arles à Béziers.

Mardi 15 Mai : Jean-François Delpoux (et Mariette) partent sur la Voie d’Arles, de Baziège jusqu’au Col du Somport.

Vendredi 18 Mai : Louis est Hospitalier pour une semaine à Saint-Gilles du Gard.

Dimanche 20 Mai : Jacques Michaux et Jocelyne partent sur le Camino del Norte de Hendaye à Gijón.

Fin Mai : Josette et José partent sur le Camino Francés, de Logroño à Santiago.

Fin Mai : Paul et Armand partent sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques et Rocamadour.

Début Juin : Louis part sur la Voie de Vézelay, de Vézelay à Saint-Jean-Pied-de-Port. 

Jeudi 7 Juin : Régis Pecourt et Jeanne d’Aleo partent sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques.

Dimanche 10 Juin : Jean-Louis et Isabelle Perini partent sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques.

Mardi 12 Juin : Marie-Pierre Witrand et Martine partent sur le Chemin du Puy, de Moissac à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Jeudi 14 Juin : Jacques Cailloce part pour le col du Somport, puis Camino Francés,  Compostelle et le cap Finistère.

Lundi 18 Juin : Alain Witrand embarque à bord du Belem de Bordeaux à La Corogne puis Chemin vers Fisterra et Santiago.

Mardi 26 Juin : Mireille G.  part sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques.

Lundi 30 Juillet : Michèle et Marc Giovagnoli partent sur la Via Gebennensis de Genève au Puy-en-Velay.

Vendredi 10 Août : Michel d’Auzon part d’Alicante sur la Ruta de la Lana jusqu’à Burgos.

Mercredi 22 Août : Danielle Paoletti  part sur le Chemin du Puy, du Puy-en-Velay jusqu’à Conques.

Mercredi 29 Août : Jean-Claude, Michèle, André et Elisa partent de Conques pour aller jusqu’à Cahors via Rocamadour.

Lundi 3 Septembre : Bernard Vernier part sur la Via de la Plata de Salamanque à Santiago.

Mardi 4 Septembre : Marie Gérard et Marie-Hélène Le Saint partent sur le Camino Francés de Astorga à Santiago.

Lundi 10 Septembre : Jean-Pierre Lopez part de Conques pour aller jusqu’à Roncevaux.

 

Lundi 12 Mars : Le Groupe d’Ollioules affronte les chemins enneigés !
Hier dimanche 11 Mars, nous sommes allés à l’Albergue « Das Animas », entre
Villafranca del Bierzo et O Cebreiro, dernière étape pour passer de Castille en Galice.

Accueillis par des hôtes adorables, un couple composé d’une épouse Anglaise
et d’un mari Allemand.

Le soir nous avons chanté un Tiebie Poem et un Ave Verum de Mozart.
Notre hôtesse était tellement émue qu’elle cachait ses larmes.
Quel moment émouvant dans la tradition des surprises que dispense le Camino.
Aujourd’hui 28 kms avec 1003m de dénivelé dans la neige, la pluie et le vent.
La douche et la perspective d’un plantureux dîner nous requinque !!!
Bruno, Béa, Alain, Robert, Serge
Mercredi 21 Mars : Le Groupe d’Ollioules est à Fisterra
Hello amigos ! Fisterra sous un superbe soleil après 32 km de marche et le sentiment

du devoir accompli… Nous rentrons en faisant du tourisme (León et Burgos entre autres..)

Le 22 Avril : Bruno Dorange marche sur la variante par la vallée du Célé…direction Compostelle !

Le 10 Mai : Bruno Dorange est arrivé à Navarrenx.

L’abbaye de Sauvelade

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Le 21 Mai : De Jacques notre Président accompagné de Jocelyne :
                       Un petit clin d’œil de la première étape du Camino del Norte.

Devant l’Ermitage de la Virgen de Guadalupe

Le 27 Mai : Jacques et Jocelyne à Bilbao 

La Cathédrale de Bilbao

Bilbao : Statue de Saint-Jacques

Le 28 Mai : Jacques et Jocelyne à Castro  Urdiales

Iglesia de Santa Maria de la Asunción de Castro Urdiales

Le 30 Mai : Jacques continue seul sur le Camino del Norte.

Arrivée sur Laredo et Santoña

Le 31 Mai : Jacques sous une pluie fine pour la traversée vers Santander.

Santander – Vue du Bac

Le 1er Juin : Arrivée à Comillas (2 étapes après Santander). Toujours temps gris et pluvieux,
                       mais le moral est bon !

Entrée Est de Comillas

Le 7 Juin : Jacques arrive à Gijón, fin du Camino et retour à La Valette, via Toulouse où il retrouve Jocelyne.

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Le 23 Mai : Josette et José : Départ en bus hier matin de Toulon jusqu’à Bilbao.
Ce matin, train jusqu’à Logroño, puis Camino jusqu’à Navarette.

Josette devant l’Antiguo Hospital de Peregrinos « San Juan de Acre »

Le 26 Mai : Josette et José : Quatre jours de marche, Quatre jours de pluie !
Beaucoup de pèlerins de toute nationalité. Hier à Santo Domingo de la Calzada , aujourd’hui Belorado .

Le 28 Mai : Josette et José : Et la pluie continue.! Et nous aussi….
Demain arrivée à Burgos
Le 29 Mai : Josette et José : Départ d’Atapuerca dans le brouillard, « sans pluie « .
Arrivée à Burgos et sa très belle Cathédrale .

Le 31 Mai : Josette et José : Ouf !!! Aujourd’hui pas de pluie. Arrivée à Castrojeriz.
Jolie ville-étape des pèlerins du haut moyen-âge.

Convento de San Anton où le chemin passait sous le porche et où les moines distribuaient des repas aux pèlerins

Castrojeriz

Et le Chemin continue…

Samedi 23 Juin, Josette et José : Ce matin départ tranquille de O Pedrouzo.
Belles forêts d’eucalyptus, p
uis Lavacolla, Monte di Gozo…
Premières vues sur les  tours de la Cathédrale. 
Arrivée sur la place de l’Obradoiro, toujours la même émotion. ….
Ce soir messe des pèlerins avec le Botafumeiro.

Borne d’entrée à Santiago
(il reste 4 ou 5 km jusqu’au centre )

Et voilà. ……. Devant la Cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle.


(Il ne m’a pas été possible pour cause d’absence de suivre tous les parcours….Certain(e)s sont arrivés à Compostelle,
d’autres ont marché pendant 1 ou 2 semaines à partir du Puy-en-Velay, d’autres sont en cours de pérégrination…
Maintenant avec l’été, il y aura moins de départs et nombreux sont ceux et celles qui pensent déjà aux Chemins de 2019 !
Michel d’Auzon – le 2 Juillet 2018)
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Avril 2018Marie-Pierre et Alain Witrand sont en pérégrination sur le Chemin du Piémont Pyrénéen.
Ci-dessous un diaporama avec les photos de leur Chemin.

Vendredi 20 Avril : Nous sommes à J9 sur le Piémont-Pyrénéen, très beau chemin, mais pas très facile de gérer les étapes
qui sont ou trop longues ou trop courtes : On passe de 42,7 kms à 15 kms ! On essaie de couper et de rallonger…
Ça commence à monter et à descendre gentiment, les paysages sont magnifiques et il commence à faire bien chaud .
Ce soir nous sommes à Montégut-Planturel chez Evelyne où l’accueil est chaleureux !

Samedi 21 Avril : Nous sommes à J10 sur le Piémont-Pyrénéen à Mas-d’Azil. Pour ceux qui connaissent l’Ariège,
ça commence à monter gentiment, les paysages sont très beaux, les petits villages nous enchantent, riches en histoire.
Seul petit hic les étapes sont un peu un casse-tête entre 16 et 30 km. Il fait chaud, le soleil brille…

Dimanche 22 Avril : Jamais dans notre vie de pèlerins nous n’avons eu un accueil aussi chaleureux qu’au Mas d’Azil
chez le pasteur Bordes. D’abord il y avait la TV qui filme ce matin le culte en direct sur la 2 et les croissants apportés à 7 h
au gîte par le pasteur lui même !

Mardi 24 Avril : J 13 sur le Piémont-pyrénéen, on se régale dans ces magnifiques paysages et à travers ces petits villages,
que la France est belle ! Aujourd’hui 22 kms pour ceux à qui ça parle nous sommes au Portet d’Aspet à environ 1000m d’altitude.

Dimanche 29 Avril :  J 18 sur le Piémont-pyrénéen. Nous sommes à Lourdes après 2 étapes un peu dures :
Aujourd’hui 25 km sous des trombes d’eau la plus part de la journée et hier grosse étape de Lortet à Bagnère de Bigorre (34 km).
J’ai fait du stop 8 km avant Bagnère. Un beau berger, comme on en voit dans les films américains passait par là dans un vieux
4/4 bi-places 
pour les hommes et multiplaces pour ses chèvres…
Je suis montée à bord et nous avons (quand même) récupéré mon mari qui marchait devant !

Sans lui nous serions arrivés 2 heures plus tard….morts après 42 kms ! Nous avions sur-estimé la distance !

Dimanche 6 Mai : J 25 sur le Piémont-pyrénéen. 602 km. Nous sommes arrivés avec le soleil à Saint Jean Pied de Port
le bout de ce chemin. Heureux des belles rencontres, des magnifiques paysages, de la plénitude de ce très beau chemin .
Ça passe vraiment trop vite ! Oubliés les chemins trop raides , les bains de gadoue et le mauvais gîte…
Il ne reste que les moments d’extase et de liberté dans la Nature. 
Un goût de reviens-y pour un nouveau chemin !

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Chantal et Thierry Genevier le Vendredi 4 Mai : Au départ de Saint-Maximin, nous avons traversé le Var,
les Alpes-Maritimes, la Ligurie en direction de Rome. Fin de notre pèlerinage à Final Ligure. Reprise en Octobre.

Mardi 31 Juillet : Michèle et Marc Giovagnoli sont sur la Via Gebennensis de Genève au Puy-en-Velay,
où il fait très chaud.

Mercredi 5 Septembre : Marie Gérard et Marie-Hélène Le Saint : Après un voyage sans problème nous voici à Castrillo de Polvazares où nous débuterons notre chemin dès l’aube, mais après avoir marché 5 km depuis Astorga, nous avions besoin de reprendre des forces, vous voyez tout va bien !

Lundi 10 Septembre : Marie Gérard et Marie-Hélène Le Saint : Nous continuons notre chemin à travers monts et forêts.
Temps splendide. Nous avons franchi le Cebreiro et ce soir nous dormons dans un gîte tout rénové au milieu des vaches
et des poules. D’après les Espagnols la fréquentation du chemin a diminuée…

 

Samedi 15 Septembre : Ici Radio Camino : Les deux pèlerines  cheminent toujours sous un soleil radieux
et notre arrivée à Saint-Jacques est prévue demain matin. Ce matin départ à 6 h 30 d’Arzua avec la frontale
pour arriver à Lavacolla à 8 km de Santiago.


Dimanche 16 Septembre : Ici Radio Camino : Les deux pèlerines sont bien arrivées à Saint-Jacques sous un ciel bien gris,
mais heureuses du chemin parcouru. Elles iront probablement à Fisterra et Muxia en bus…!
La marche ça use les souliers…Après avoir reçu la Compostella elles n’ont pas manqué la visite à l’accueil francophone !!
Voilà la boucle est bouclée mais elles songent déjà à d’autres chemins…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



   

Les adhérents de la Chorale d’Ollioules sur le Chemin…

Samedi 10 mars, nos adhérents de lEnsemble Polyphonique d’Ollioules seront sur le Camino Francés
pour terminer leur périple commencé il y a plusieurs années.
L’année dernière ils étaient partis de Burgos et avaient rejoint Ponferrada d’où ils vont partir cette année.
Le groupe sera composé d’une quinzaine de pèlerins (Membres de la chorale et leurs ami(e)s)
Objectif Saint-Jacques de Compostelle bien sûr ! Ils  continueront ensuite jusqu’à Finistère avant de longer
un peu la côte vers le sud 
et revenir à Compostelle pour visiter et découvrir plus sereinement la ville. 
Ils seront de retour le 27 Mars  après une visite des plus beaux sites sur le chemin du retour…

Ci-dessous 2 photos du groupe prises lors de leur pérégrination de 2017 

Camino Mozarabe – 3ème partie

Camino Mozarabe – 3ème partie – 10 étapes de Córdoba à Mérida
Du 11 au 20 Septembre 2017

A la veille de l’étape qui mène de Córdoba à Cerro Muriano,  Isidro Rodriguez le président de l’Association de Córdoba
qui m’a donné des infos utiles, principalement sur les étapes à venir,  m’annonce que demain, 2 membres de l’Association
m’accompagneront tout au long de l’étape… 

On se retrouve alors à 6h à la Puerta del Puente. Je fais connaissance de Manolo le baliseur du Chemin et de Joaquin.
Après un arrêt au bar pour un petit-déjeuner, on prend l’itinéraire de sortie de la ville qui est de 4km.

C’est une belle étape qu’on va parcourir ensemble malgré quelques passages sur route et le côtoiement de l’incontournable RN432.
Finis ou presque les oliviers qui m’ont accompagné depuis une semaine… Je retrouve des eucalyptus, des chênes, des pins, une certaine diversité de végétation avec entre autres des Cistes comme ceux que j’ai côtoyé sur la Via de la Plata en Mai 2008, mais à cette période de l’année ils sont desséchés et ne portent pas de fleurs…

Au passage, on attrape quelques figues et on fait un détour pour monter à l’Ermita Nuestra Señora de las Linares.
C’est en bonne compagnie, ce qui me change des étapes précédentes, que nous continuons notre périple
sur des chemins de terre, des sentiers un peu escarpés, avec un beau passage sur une Via Pecuaria (Cañada Real Soriana)
et sur une Via Romana qui a gardé les traces des roues des chars des armées romaines !

Nous faisons une pause, le temps de grignoter quelques fruits secs, de porter un dernier regard sur Córdoba qui disparaît
dans la vallée et nous attaquons la dernière partie de l’étape avec des passages un peu raides et des dénivelés qui s’enchaînent
pour atteindre une altitude d’un peu plus de 500m. 
(Cordoba se situe à 130m).

Joaquin veut faire un échange de sac pour terminer l’étape… 11 kilos contre 2 kilos…
Je vais terminer les derniers kilomètres en gambadant comme un cabri !…

Un dernier effort et on découvre Cerro Muriano, où après quelques centaines de mètres on arrive à l’Hostal-Restaurante X
où l’on est bien accueilli par Juan José le patron. Après quelques cervezas gouleyantes que l’on déguste avec délice,
Manolo me remet le tee-shirt du 20ème anniversaire de l’Asociación de Amigos del Camino de Santiago de Córdoba. 

L’étape suivante, après avoir suivi une piste cyclable pour sortir du Pueblo et être passé au milieu d’un vaste camp militaire,
on longe la N432 sur des chemins parallèles à celle-ci dans un environnement de cistes et de chênes.
Je passe devant un très grand pré dans lequel broutaient une herbe desséchée au moins un millier de brebis…
Rare de voir un troupeau de cette importance…

Chaque matin, je me glisse silencieusement hors du Pueblo, pour me laisser happer par la nuit qu’une lune
haute dans le ciel éclaire à peine… Le chariot de la Grande Ourse me suit avec ses quatre roues argentées…

Chemins campagnards, des troupeaux de moutons dans les enclos et des vaches qui attendent la traite du matin…
À la sortie d’un village un vieil homme assis sur un banc m’interpelle, se lève et me rejoint, me faisant comprendre
qu’il veut marcher à mes côtés… Nous faisons 300 à 400 mètres ensemble jusqu’à sa maison et nous nous quittons
après un échange d’amitié.

Le Chemin est jalonné de rochers et de chênes-verts aux formes étranges qui donnent un aspect de pantins désarticulés…
A Fuente la Lancha, il y a un olivier centenaire qui est un point de rencontre lors des processions de la Semaine Sainte
et dont les rameaux bénis sont utilisés le Dimanche des Rameaux.

Il y a de longues pistes sablonneuses qui ondulent au gré des reliefs du terrain, au milieu de grands espaces agricoles
constitués de pâturages et de cultures céréalières.

Il y a de part et d’autre des troupeaux de moutons qui broutent une herbe dessèchée en cette fin d’été…
Les chênes rivalisent pour présenter des formes grotesques ou fantomatiques et pendant ce temps j’enfile les kilomètres
en déclamant les poèmes de mon répertoire, histoire d’en conserver la mémorisation…

Certains matins, je marche en dormant ou je dors en marchant, mais j’avance quand même dans la nuit
avec juste au-dessus de moi le lumignon de la lune qui en est à son dernier quartier.

Au cours de certaines étapes, il n’y a pas de Pueblo à traverser, mais de longues pistes à travers un paysage
fait de champs de céréales et de vastes pâturages avec toujours ces chênes verts immobiles et silencieux,
qui sont comme les gardiens séculaires du Camino. J’ai vu plusieurs troupeaux de moutons broutant
dans cette herbe desséchée et ces résidus de paille et un troupeau de vaches qu’on ne s’attendrait pas à voir dans cette région.

Au passage d’une voie ferrée avec les signaux d’autrefois on se croirait un peu au Far West.
J’ai fait une bonne pause à l’ombre d’une ancienne gare qui desservait on ne sait quelle population puisque alentour,
c’est désertique, à part deux ou trois fermes que l’on côtoie au passage du chemin.

J’ai été surpris de voir de l’eau dans le rio Zújar qui forme même un petit lac que l’on aperçoit tout proche du Chemin .
Les derniers kilomètres avant d’arriver à la Virgen de las Alcantarillas offrent un panorama plus varié et pittoresque
avec une large vue sur les collines alentour et une chaîne de montagnes au loin…

Comme tous les matins, la nuit est belle, le petit quart de lune perché tout là-haut dans le ciel avec sa face livide
m’envoie quelques rayons et tout autour les étoiles invitent à se laisser emporter dans ce vaste univers
avec comme chemin la Voie Lactée resplendissante…

Parfois, j’éteins  ma frontale et ainsi dans la nuit sans interférence de lumière,
je peux contempler ce spectacle magnifique de la voûte céleste…

La Grande Ourse, l’étoile du Berger, Orion et toutes ces constellations dont je ne connais pas le nom et cette Voie Lactée,
notre galaxie, qui trace son sillon dans le ciel avec le scintillement des milliards d’étoiles qui l’habitent…

Et notre petite planète perdue dans cette immensité…
Et les petits pas du pèlerin sur les Chemins qui la parcourent…
Oh ! le vertige que me procure cet univers en expansion avec ses milliards de galaxies,
insondable mystère de la création et réalité perceptible de nos existences… Réalité ou Illusion ?

Le jour se lève et projette une belle palette de couleurs à l’horizon, puis le soleil émerge comme un brasier…
La campagne est irradiée par cette belle lumière du matin, je me sens en forme et j’avale tranquillement les kilomètres.
Aux oliviers succèdent les chênes qui parsèment les terres agricoles et de grandes étendues de pâturages
où paissent paisiblement les troupeaux de moutons… J’entends les grognements des cochons noirs,
les « Pata Negra » qui sont dans des enclos, nourris avec les glands des chênes…

C’est agréable comme cheminement et comme paysage, avec tous ces chênes aux formes parfois difformes
et grotesques et ces amas de rochers qui prennent l’allure d’animaux préhistoriques…

Dans un même terrain on peut voir mélangés, des oliviers et des chênes qui rivalisent pour leur étrangeté et leurs bras hallucinés…
Il y a aussi de nombreux champs de céréales, dont on voit la paille, comme trace de ce que furent les tiges porteuses de beaux épis dorés.

Un certain matin, un croissant de lune timide répand une pâle lueur sur ce qui m’entoure et je crois deviner à la lueur de ma lampe
que ce sont des plantations de jeunes oliviers. Le silence de la nuit m’enveloppe, il est seulement dérangé par le bruit de mes pas,
de mes bâtons et de quelques aboiements de chiens dans le lointain.

Ce moment d’imprégnation du doux bruissement de la terre, des plantes et des arbres, ce moment unique d’osmose
avec cette grande nuit qui répand ses caresses d’ombre sur tout ce qui respire, ce moment de transcendance active et lumineuse,
c’est ça le cadeau que le pèlerin reçoit chaque matin à la première heure de sa pérégrination…

Je marche donc sur une Via Pecuaria séculaire qu’autrefois les troupeaux du nord de l’Espagne empruntaient
pour venir passer l’hiver dans ces régions de l’Extremadure.

Ce chemin est aussi appelé la Vereda del Camino de Don Benito ou encore la Senda del Puente de Hierro.

Très vite je me retrouve au milieu de ces grands espaces habité par ces chênes verts que l’on imagine à tout moment se déplier
et parcourir à grandes enjambées les champs et pâturages qui les emprisonnent comme ces arbres qui viennent au secours
des petits Hobbits dans la trilogie du « Seigneur des Anneaux » de Tolkien.

Au passage, je peux admirer le Puente de Hierro attribué à Gustave Eiffel,
l’une de ses nombreuses réalisations que l’on peut voir à travers le monde.
Je vais longer pendant un moment une voie ferrée qui relie Madrid à Merida et Badajoz et je surplombe
une gare désaffectée qui pendant un temps à fait office d’albergue.

La rencontre d’un étang surprend dans cet environnement desséché après plusieurs mois sans une goutte d’eau.
Un chêne majestueux va m’offrir son ombre pour un temps de pause agrémenté de quelques minutes de sommeil…
Certains matins, il y a un peu de fraîcheur que le soleil va rapidement dissiper,
mais rien à voir avec les chaleurs que j’ai connues entre Almeria et Córdoba.

Oh ! la tendresse de ce petit croissant de lune qui jette sur la nature endormie un pâle reflet
et juste en dessous, l’étoile du berger qui scintille dans une brillance ambrée …
Plus haut dans le ciel, la constellation d’Orion, le chasseur légendaire, pose bien ordonnés ses lumignons…

Oh ! le doux bruissement de la nuit à peine troublé par le chant des coqs auxquels répondent
quelques aboiements de chiens dans le lointain…

En regardant la voûte étoilée, comme je me sens petit devant cet insondable mystère de l’univers…
Je me sens à la fois attiré par cet infini du ciel et en même temps je me sens comme écrasé par cette immensité…

Cette voûte étoilée, c’est comme si elle allait me tomber dessus et en même temps elle ouvre une brèche
comme pour m’inviter à aller cheminer au milieu des étoiles…

A Campanario, un joli Pueblo de la « Comarca La Serena », j’ai la visite de Manuel Soto Président de la Asociacion Jacobea de Badajoz
qui m’apporte un beau tee-shirt imprimé « Camino Mozarabe de Santiago » et des informations utiles concernant les prochaines étapes.
Après les cervezas de rigueur et une petite visite des curiosités de ce Pueblo, il m’emmène à la sortie de la localité
à la Policia Local pour prendre la clé de l’albergue située en face dans le bâtiment du Polideportivo.
Manuel vient me prendre en voiture à 17h30 pour aller visiter L’Ermita de la Virgen de Piedraescrita
et ensuite Magacela et son Castillo…

Dès la sortie de Campanario, j’ai en ligne de mire la colline en forme de dôme sur laquelle est accroché
le Pueblo Magacela dominé par son Castillo.

Je traverse des zones désertiques, avec alternance de terres céréalières labourées et de vastes pâturages…
Au fur et à mesure des fluctuations du terrain, des creux et des bosses qui se succèdent, Magacela apparaît et disparaît.

Le soleil s’est levé et fait ressortir la diversité des couleurs de cette campagne : les bruns, les ocres, les jaunes les marrons,
et ici et là, les taches vertes des oliviers, des vignes et de quelques chênes…

Je suis maintenant au pied de cette colline et je grimpe doucement dans la fraîcheur du matin à l’assaut
de ce haut-lieu du Camino Mozarabe. Arrivé au cœur du Pueblo, une halte s’impose au bar ou je reçois
les encouragements de quelques autochtones.

Ce beau village ainsi que son Castillo, je l’ai visité hier avec Manuel, aussi je ne m’attarde pas
et je redescends dans la vallée pour continuer mon cheminement…

Après une nuit passée dans la nouvelle Albergue de La Haba, j’ai une petite étape pour rejoindre Medellin
importante colonie romaine et point de jonction entre la Via de la Plata et l’Augusta Emerita qui venait de Tolède et Cordoue.

Comme chaque matin, je me laisse happer par cette belle fin de nuit étoilée avec encore un petit croissant de lune
qui cette fois se trouve dessous l’étoile du Berger. 
Je n’ai pas le temps d’entrer dans la magie de la nuit,
car la ville de Don Benito toute proche génère une rumeur diffuse accentuée par le trafic routier
déjà important à cette heure matinale. 
Ce chemin jusqu’à Don Benito suit une longue piste qui s’enfonce
entre des terres cultivées, avec sur les derniers kilomètres quelques timides plantations d’oliviers.

J’ai décidé de ne pas rentrer dans la ville de Don Benito, privilégiant ainsi la visite de Medellin.
Après le contournement de celle-ci, je vais suivre une piste sableuse et poussiéreuse qui passe dans une zone où s’alternent
villas, jardins potagers, oliveraies, quelques pieds de vigne, des vergers, des figuiers et pour finir des champs de maïs.

Le Castillo de Medellin se voit d’assez loin, la marche est facile et j’en profite pour apprendre un poème du poète québécois
Gaston Miron « Compagnon des Amériques ». Arrivé à Medellin, je fais un petit tour dans le centre, histoire de repérer
les différents sites à visiter et je vais m’installer à l’hôtel Rio situé en face du beau Puente Romano sur le fleuve Guadiana,
en réalité un pont reconstruit au XVIIe siècle.

Après douche et repos, je vais visiter les sites intéressants de cette cité. Bien que ce soit lundi, jour de fermeture du château,
du théâtre et du centre d’interprétation du parc archéologique, je pourrais malgré tout faire une visite intéressante de ces sites…

C’est l’avant-dernière étape, je quitte l’Hostal Rio un peu avant 7h. Il fait encore nuit, mais aujourd’hui il n’y a plus de lune…
Je traverse le Puente Romano qui enjambe le Rio Guadiana et je vais suivre un itinéraire alternatif que m’a indiqué Manuel Soto
le Président de l’Association de Badajoz.

C’est une longue traversée entre les rizières, les champs de maïs et les champs de tomates, en suivant des pistes agricoles,
tout en gardant le cap plein-ouest sans se préoccuper des pistes qui partent à gauche ou à droite.

Je fais la rencontre de nombreux oiseaux au long du parcours dont plusieurs cigognes blanches…
Il y a une certaine activité dans cette vaste plaine où les engins agricoles vont et viennent, soit pour couper les maïs,
soit pour récolter les tomates, soit pour le transport de ces récoltes.

Il n’y a pas de dénivelés et les pistes sont plutôt sablonneuses et parfois assez poussiéreuses.

Un moment donné, j’ai dû bifurquer un peu trop vers le sud et je me suis retrouvé face au Rio Guadiana
que je ne pouvais évidemment pas traverser.

J’ai alors galéré un moment au milieu des champs de maïs envahis de hautes herbes où j’ai parfois eu du mal à passer…
Enfin après cette mésaventure, j’ai fini par rejoindre la piste qui traverse le Rio Burdalo.

Je me déchausse, j’enlève mon pantalon, je mets à l’abri dans mon sac appareil photo et smartphone,
et je traverse prudemment, mes chaussures attachées et mises autour du cou.

J’ai de l’eau à mi-mollet et je m’assure avec les bâtons pour ne pas glisser.
Tout se passe bien et heureusement je suis de l’autre côté quand deux énormes tracteurs arrivent
et traversent le Rio en projetant des gerbes d’eau de part et d’autre.

Comme je me rechausse, passe sur le Chemin, un peu plus haut, un troupeau de moutons accompagné
par trois gros chiens qui me regardent avec méfiance et je me demande comment ils vont réagir en me voyant là,
ce qui n’est pas habituel pour eux. 
Bon ! tout se passe bien, le troupeau et les chiens s’éloignent,
et je peux reprendre mon cheminement toujours à travers ces pistes sablonneuses pour rejoindre San Pedro de Mérida…

« Si la Beauté n’est pas captée par un regard, la Beauté ne se sait pas, elle est en pure perte, elle ne prend pas son plein sens. »
François Cheng  –  « Cinq Méditations sur la Beauté »

Petite réflexion personnelle inspirée à partir de la lecture de ce livre :
Le pèlerin, sur les chemins, contribue à compenser cette perte de la Beauté
que nous offre la nature à tous les moments de la journée.
Il est disponible tout au long de sa marche pour capter par son regard les scènes toujours nouvelles
qui surgissent de la rencontre des éléments qui constituent les paysages traversés.

Par son regard qui rejoint le regard de Dieu, il fait vivre la Beauté et s’en trouve ainsi élevé au rang de créateur...

Peu de choses à dire sur la dernière étape. Carretera jusqu’à Trujillanos,
puis piste agricole où l’on retrouve quelques oliveraies et des vergers de figuiers.

A l’entrée de Mérida, je m’arrête au Colegio Nuestra Señora de la Antigua où je devais rencontrer Esther,
mais celle-ci étant absente, je suis reçu par une autre institutrice, Nuria qui me montre les réalisations des enfants
autour du Camino Mozarabe, dessins, bannières, maquettes et habits de carnaval…
L’école est toute empreinte de l’esprit jacquaire et des représentations des signes
et symboles propres à la marche pèlerine vers Santiago.
Même sur le mur extérieur est écrit en grosses lettres Camino Mozarabe.

Je ne ferai pas de récit des visites que je fais effectuer dans cette cité qui compte de nombreux vestiges romains
tels que son théâtre, son amphithéâtre et son temple dédié à la déesse Diane et qui font de cette ancienne capitale
de la Lusitania Romaine l’un des sites archéologiques les mieux conservés d’Espagne.

Je l’ai déjà visitée le 30 Avril 2008 lors de ma pérégrination sur la Via de la Plata.
Ci-dessous, le lien avec la page de mon site où je raconte la visite que j’en ai faite alors :

http://roch.compostelle.free.fr/cviaplata3004.htm

Je voudrais terminer cette publication en soulignant le caractère très particulier de ce Camino Mozarabe.
C’est le seul Chemin parmi tous ceux que j’ai parcouru depuis 2005 où j’ai trouvé une telle implication des associations locales
auprès du pèlerin qui a choisi de pérégriner sur ce Camino Mozarabe…
Depuis Almeria où j’ai été accueilli par Jorge Sagarra tout dévoué à tout ce qui peut contribuer au rayonnement de ce Chemin
jusqu’à Manuel Soto Président de l’Association de Badajoz qui m’a fait découvrir les richesses historiques de la Serena…

Je les remercie pour leur attention, leur disponibilité et leur gentillesse qui m’ont profondément touché
et je garderai précieusement ces liens d’amitié qui se sont créés.


Je veux citer aussi l’Association de Almeria-Granada, Mercedes Murillo Pravia sa Présidente,
Paco Fuentes Escudero son Vice-président qui m’ont apporté leur soutien et les informations
dont j’avais besoin pour commencer ce Chemin.

Je veux remercier aussi Isidro Rodriguez, Président de l’Association de Córdoba, qui m’a bien renseigné sur les étapes
et les hébergements des jours suivants ainsi que 2 membres de cette association, Manolo et Joaquin qui m’ont accompagné
tout au long de l’étape qui mène de Córdoba à Cerro Muriano, ils ont été des compagnons amicaux et chaleureux.

Pour terminer, j’adresse un remerciement tout particulier à Sonia la maire de Alboloduy qui, voyant mon état de fatigue
à l’arrivée de l’étape, s’est emparée de mon sac à dos pour m’emmener en haut du Pueblo où se trouvait l’albergue
et ensuite m’a fait visiter le musée de cette localité et m’a ouvert l’église pour que je puisse y admirer 2 statues de Saint-Roch
patron de ce Pueblo.

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