Camino Mozarabe – 2ème partie

Camino Mozarabe – 2ème partie – 8 étapes de Granada à Córdoba.
Du 2 au 10 Septembre 2017

La plupart des étapes sont caractérisées par un cheminement presque entièrement au milieu des oliviers.
Ils sont partout dans les vallons, sur les collines et au loin ils forment des bataillons jusque sur les flancs des montagnes…

Entre « Via Pecuara », canaux d’irrigation, cheminement sur des sentiers que les herbes folles dissimulent
presque entièrement, traversée de rios à sec et pistes terreuses qui font des montagnes russes,
le pèlerin s’abandonne à la tiédeur de cette campagne propice à la méditation ou simplement à la rêverie…

A la fin de la 2ème étape, il y a une rude montée vers Moclin (400m de dénivelé sur 3 km).
J’installe mon parapluie/parasoleil sur mon sac et ainsi protégé des rayons du soleil,
je gravis tranquillement cette piste appelée également Ruta del Gollizno.
Au fur et à mesure de l’ascension, le panorama est de plus en plus spectaculaire avec dans le vallon
un pueblo enchâssé au milieu d’oliveraies que les montagnes alentour enserrent…

A l’est, ce sont des parois rocheuses impressionnantes qui donnent à cet itinéraire encore plus de pittoresque.
Et tout en haut le Castillo en ruine de Moclin qui domine le village.

Je n’en dirai pas plus en ce qui concerne les  cervezas bien fraîches
que mon gosier assoiffé engloutit avec délice aux arrivées d’étapes…

A la sortie d’une ville,  j’ai la surprise de voir une lune orangée presque pleine disparaître derrière les collines…
Et le ciel tout plein d’étoiles me rappelle ces vers de Rimbaud :
« Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou et je les écoutais au bord des routes
ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes de rosée à mon front… »
Longues pistes au milieu des oliveraies, quelques passages sur les carreteras, et encore les pistes qui ne finissent jamais,
l’occasion de me remémorer tous les poèmes appris au cours des années passées…

Parfois, je perds la notion du temps et des kilomètres…
Je marche poussé par la seule force de mon engagement à vivre cette aventure un peu folle de parcourir
le Camino Mozarabe en cette fin d’été où la chaleur est à son maxium !

Je marche souvent au milieu des oliviers qui sont devenus comme des compagnons de Chemin…
Une complicité s’est établie entre nous.. Je les vois comme les gardiens séculaires de ces pistes que les pèlerins
foulent de leurs pas bien rythmés… Et la lune là-haut est le témoin de cette alliance entre le pèlerin et l’arbre…

Et puis un petit miracle ! Depuis plusieurs jours j’avais mal aux pieds, des ampoules aux talons mal cicatrisées
et de plus je sentais que les semelles de mes chaussures ne me convenaient pas, ce qui rendait la marche inconfortable !
Alors j’ai trouvé dans un magasin diététique l’huile de Rosa Mosqueta avec laquelle j’ai fait plusieurs massages des pieds
et j’ai acheté en pharmacie des semelles du Dr Scholl. Alors, c’est incroyable, j’ai retrouvé un bon rythme de marche,
sans aucune gêne ni douleur, et je suis vraiment très confortable dans mes chaussures…

Un soir à 23h, arrive dans une albergue. où j’étais seul,  un pèlerin Lithuanien qui part le lendemain matin de très bonne heure…
Nous nous sommes  retrouvés un peu plus loin dans un bar…
Nous avons fait connaissance, il s’appelle Marius, il a 24 ans, a fait des championnats de natation
et est moniteur de planche à voile… Il a commencé le Chemin à Malaga.
Nous avons fait cette 2ème partie de l’étape ensemble, ravis tous les deux d’avoir un compagnon de Chemin
pour un jour, car lui allait continuer jusqu’à Cordoba ce qui lui faisait une étape de 46 km…

Et puis c’est la dernière étape de cette partie, celle qui mène à Cordoba en suivant une longue piste pendant plus de 20 kilomètres…
Piste caillouteuse, poussiéreuse, qui serpente au creux des vallonnements de ces immensités agricoles
sur lesquelles les oliviers laissent peu à peu la place à des cultures céréalières dont les champs sont déjà labourés
et prêts pour les prochaines semailles… On voit aussi de-ci de-là des champs de tournesols dont il ne reste que les tiges
coupées à 50 cm du sol. En fin de parcours, je verrai aussi quelques plantations d’amandiers…

L’ensemble de ces paysages est assez austère, parfois lugubre,
spécialement dans les secteurs noircis par les feux allumés pour brûler la paille…

Les couleurs vont du bistre au brun foncé et au noir des zones brûlées avec les coulées vertes des plantations…
Les dénivelés sont peu prononcés mais se suivent tout le long du parcours…

Le temps était nuageux avec un vent frais ce que j’ai bien apprécié…
De ce fait, l’arrivée sur Cordoba n’était pas spectaculaire, la ville étant à demi enfouie dans une brumaille
qui ne permettait pas l’éblouissement que cette cité peut offrir au pèlerin qui la découvre du haut des collines environnantes…

J’apprécie l’entrée dans la ville par le Puente Romano au milieu des touristes, pas mécontent de voir du monde
et de l’agitation après la chevauchée solitaire du matin !

Me dirigeant vers la Mosquée-Cathédrale qui est le monument incontournable de cette cité , je tombe sur mon pèlerin Lithuanien
que j’ai laissé hier à Santa Cruz et qui devait poursuivre l’étape jusqu’à Cordoba, installé sur l’herbe près de l’Alcázar.
Nous passons un petit moment ensemble et ensuite il boucle son sac et part pour la prochaine étape…

J’ai devant moi cette fin d’après-midi et la journée de demain (Jour de repos)
pour découvrir les merveilles de Córdoba la belle Andalouse…

Mais là c’est une autre histoire…..

 

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4 Comments

  1. Bonjour Michel, je viens de « finaliser » les 3 parties de ton périple sur cette voie que je ne connais pas: quel voyage! La chaleur est omniprésente durant cette période, tu n’en as pas trop souffert? A l’occasion, si tu viens nous rendre visite à Marseille,peut être accepteras tu de me communiquer les éléments nécessaires à la tenue de ton parapluie/ombrelle….l’idée en tout cas est formidable. Bon repas, à bientôt j’espère.

    Jean »de Marseille ».

  2. Je vois Michel, que tu as enfin écouté ton vieil ami pèlerin  » un poco loco  » en utilisant ton parapluie qui t’a servi d’ombrelle…l’une des multiples fonctions que j’ai découvert avec mon grand parapluie ! et que je préconise dans mon blog… celle-ci, a été pour moi, la plus grande fonction utilisée sur mes chemins au cœur de l’Espagne, sans lui, j’aurais certainement vécu bien plus de galères sur le Camino Aragonais, celui de la Plata et du Levant, sur le Massif après Tolède ! Car il faut bien se dire, que 40° à l’ombre… ça fait du combien sous un soleil de plomb vers 14h sur d’interminables chemins blancs ? De quoi vers bouillir la marmite du cerveau !
    Hasta luego amigo et Bon séjour au Portugal…
    Gilbert

  3. Merci de nous faire vivre par ces lignes ton chemin! Buen camino! Ultréïa!

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