Chapelle Sainte Philomène

Autour de notre président qui avait tout l’attirail technique du pèlerin/explorateur et qui a été notre guide pour cette belle journée d’automne
nous étions onze participants. Avant de garer les voitures au col de la Bigue nous avions tous une pensée pour notre ami Armand qui s’était fait
un bel hématome une semaine auparavant, lors de la rando au Pic de Bertagne.

A 9 heures, il fait encore frisquet lorsque nous entamons cette boucle qui va nous faire effleurer Rocbaron  et revenir en passant par Sainte Philomène
qui est bien plus imposante qu’une simple chapelle.  Le début est magique, réunissant tous les symboles de l’automne : symphonie des couleurs avec
une large palette du jaune jusqu’au rouge, variété des arbres dont les essences  ressortent plus que jamais et surtout, un peu plus loin et plus bas
que nous, une mer de nuages suspendus. On s’arrête parfois pour goûter ces horizons ouateux qui invitent au silence et à la paix.

Il y a aussi ces petits arrêts inattendus car notre guide cherche la bonne direction entre tous ces petits chemins qui ont l’air de nous inviter à un jeu
de piste. Pas de chasseurs visibles aujourd’hui mais ici ou là une clochette se fait entendre. Encore et toujours le Compostelle  des uns ou des autres
fait une brève incursion à propos d’un souvenir ou d’un témoignage, on passe vite à autre chose mais toujours cela revient, avec sans doute l’envie
de partager sa passion avec ceux qui partiront peut être cette année.

A un carrefour de deux routes, des périmètres de sécurité nous surprennent, le rallye du Var passera par là l’après midi…
Un joli paradoxe par rapport à nous, simples marcheurs… 

Avançant dans la boucle nous dominons la plaine de Cuers et de Puget. Au loin l’autoroute est une petite chenille discrète et les vignobles,
eux aussi, forgent un festival de couleurs.

Sainte Philomène la romane est massive, accrochée au flanc de la montagne mais se joue de ces contraintes avec différents éléments qui s’articulent
les uns aux autres. Surtout, son toit plat pavé de briques rouges (voir la photo), offre un lieu idéal pour piqueniquer. Idéal car on se sent bien, le soleil
est là, même s’il se voile un peu, la vue est large, au loin la mer argentée semble briller pour nous. Le munster de Nadine fait l’unanimité, le toblérone
d’Armand fait défaut…

Légère montée pour revenir et retrouver un bout du chemin parcouru  le matin.
Il est tôt dans l’après midi, nous en profitons pour boire le verre de l’amitié à Cuers.

Marc Tassel

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La  chapelle Sainte-Philomène  – Texte communauté de communes Cœur de Var

 Agrippée à la colline de La Blaque, à près de 300 mètres d’altitude, elle  offre une vue unique sur la plaine, les Maures et les environs de Toulon.
Elle veille sur un cimetière de pierres, cachées pour la plupart sous la végétation envahissante et la forêt.

Ancienne église du vieux Puget (dénommé Ville), sa construction remonte au XIème siècle. Les archives de l’abbaye de Saint Victor à Marseille
mentionnent  clairement son existence en 1060. Au XVIIIème siècle, avec l’abandon du vieux-village, elle perd son statut de paroisse au profit
de la chapelle Saint Sidoine située dans la plaine.

La chapelle d’origine était composée d’une simple nef de style roman. Agrandie en 1328, elle gagne deux nefs supplémentaires de forme gothique
provençale qui lui donnent un curieux mélange de voûtes romanes et d’arcs en ogive. Au fil des siècles, elle a changé trois fois de nom.
Au XIème siècle, elle était dédiée à Sainte-Marie de Descensa (ou Deicesa). Au XIVème siècle, elle voue son culte à Saint-Jacques.
Et, c’est au cours du XIXème siècle que la chapelle change à nouveau de nom et voue son culte à une nouvelle sainte : Philomène.

Les créneaux et les merlons laissent penser qu’elle était intégrée au système défensif du château seigneurial édifié au XIVème dont quelques pans
de muraille subsistent derrière la chapelle. Les murs présentent un bel appareil de pierres calcaires, ouverts sur un porche plein cintre surmonté
d’un clocher carré. La façade sud-est est flanquée de deux absidioles légèrement dissymétriques percées d’un oculus.

A l’intérieur, trois nefs avec voûte en berceau plein cintre reposent sur deux larges piliers centraux.
L’autel est taillé dans un seul bloc de pierre comme les fonts baptismaux et le bénitier.

Une grande statue de Sainte-Philomène en polychrome trône sur un des murs intérieurs de la chapelle. Il s’agit d’un ex-voto.
De taille plus grande que de coutume, il raconte et témoigne, en latin, d’un remerciement à la Sainte pour avoir sauvé et guéri un enfant de 9 ans,
le 11 août 1887. En contrepoint, sur un pilier situé à proximité, se trouve un autre ex-voto de dimension plus modeste qui remercie aussi la sainte
pour sa « guérison spontanée et miraculeuse après 7 mois de maladie grave », le 12 août 1860.

La toiture d’origine fut remplacée par une terrasse : Panorama jusqu’à la chaîne des Maures.
Sous des chênes vénérables émergent les ruines du bourg médiéval.

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