Textes de l’Ami Gilbert (Gilbert – 2005/2006)

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Anecdotes de l’Ami Gilbert sur ses Chemins de Compostelle

Mon grand Parapluie et mon feutre noir dans la tempête en arrivant à Cabo de Fisterra !

Après Santiago-de-Compostela ,  il y a encore trois étapes pour environ 90kms pour arriver à l’Océan Atlantique , au Cabo de Fistera, là, où comme le veut la tradition, les pèlerins brûlaient leurs vêtements et se purifiaient dans l’Océan… C’est un voyage que je conseille vivement à tous les pèlerins, tant pour sa beauté que pour la tradition, les pèlerins, finissaient tous, leur grand voyage, au Cap Finistère espagnol, et cela finit vraiment votre merveilleuse Aventure à Saint-Jacques, faut le dire!  Le jour de la dernière et ultime étape, au beau milieu du trajet arrive une véritable tempête qui débarque de l’Océan, un vent à décorner des bisons et un véritable déluge au milieu des bourrasques.  Je n’avais jamais affronté un tel temps sur mes chemins… Derrière moi, trois sud-américains, que j’avais rencontrés dans les deux Auberges depuis Santiago, trois pèlerins très sympathiques, un de São Salvador de Bahia et les deux autres de São Paulo du Brésil, dont un parlait un peu l’espagnol;  il faut savoir qu’au Brésil on parle le portugais. Les trois compères me suivent depuis un petit moment, luttant eux aussi contre les éléments déchaînés, et, il y a celui de Bahia qui parie un repas au Restaurant avec les deux autres, que le sombrero negro  (feutre noir) et le grande Paraguas (grand Parapluie) de l’amigo Gilberto, s’envoleraient tous deux, bien avant Cabo Fisterra…. Eh bien ! Que nenni! J’avais eu la bonne idée de coudre une sangle à mon chapeau, et, une fois passée derrière les oreilles, ça ne bouge plus! Et mon grand Parapluie, écrasé contre moi, dont je jouais avec le manche… tout cet ensemble est arrivé à bon port, c’est le cas de le dire, parce que l’on arrive au Port de Cabo Fisterra ! Bien entendu, mon pantalon était quasiment trempé, ainsi que mes chaussures, qui faisaient flic-floc à chaque pas, dans 10 cm d’eau par endroits… Par contre, tout le dessus est pratiquement sec!  Alors que les trois amigos brésiliens étaient, eux, trempés comme des soupes (Je crois qu’en espagnol on dit : hecho como una sopa!)… Bien sûr, les capes totalement déchirées… Ce qu’ils ont surtout admiré, c’est ma technique pour tenir le parapluie contre le vent, surtout à la fin de l’étape, le Chemin longe l’Océan… où, j’ai eu beaucoup de mal à avancer, et où j’ai dû  lutter contre les éléments déchaînés, mais d’un autre côté, j’ai eu comme l’impression d’inventer un nouveau sport, je vous avoue avoir bien rigolé, malgré ces bourrasques mouillées, c’est fort amusant ! Le soir, alors que je cuisinais dans la cuisine, avec vue sur la grande salle, où, nos trois acolytes buvaient une bière avec les deux hospitaliers espagnols… Celui de Bahia, s’est levé en imitant l’amigo Gilberto au milieu de la tourmente… les autres riaient comme des perdus ! Et moi aussi………

 En attendant, il devait un repas à ses amis…


Le foulard du Col du Pico de la Dueña.
Camino de la Plata en Juin 2006

Le 9 Juin 2006, il fait un temps magnifique,  je suis sur le Camino de la Plata et du Mozarabe, dans l’étape de Fuenterroble à San Pedro de Rosados, dans une zone quasi désertique, sur une bonne trentaine de kilomètres, je ne rencontre ce jour-là, qu’un berger espagnol et son énorme troupeau de mouton dans la pampa… 

Dès le départ de Fuenterroble, on est très vite sur un long chemin rectiligne sans fin, d’environ 8 à 9 km, au pied d’une sierra grillée par un soleil de plomb, où je ne rencontre qu’un berger espagnol et son immense troupeau d’une centaine de moutons, que, seuls deux gros chiens, poussent à l’arrière en jappant de façon très ordonnée ! Je laisse passer tout ce beau monde, enveloppé d’un énorme nuage de poussière qui me vient gentiment dessus, poussé par une petite brise chaude. Grâce à Dieu ! J’ai mon grand parapluie pour m’abriter derrière,  en attendant sagement sur le côté, dans un petit coin…   Puis, je les laisse partir dans le lointain, j’attend que la poussière tombe et reprends mon petit bonhomme de chemin… 

Au bout de cette belle pampa plate, cela grimpe gentiment, et j’arrive au pied d’un Col, où je trouve quelques petits sapins pour faire une petite pause.  J’attaque ensuite le Col du Pico de la Dueña, qui est couronné d’une multitude de gigantesques éoliennes…
Très rapidement, cela monte un sacré coup sur un chemin rocailleux, il fait une chaleur orageuse ce matin, et je suis très vite trempé de sueur… Quand, brusquement,  je me trouve au beau milieu d’un énorme nuage de toutes petites mouches extrêmement désagréables… cela devient très vite un enfer ! une vraie séquence de film à la Indiana Jones ! Elles essayent à tout prix et par tous les moyens,  d’entrer dans tous les orifices du visage et de la tête : la bouche, les narines, les oreilles et les yeux… c’est vraiment très désagréable… j’ai beau essayer de les chasser avec mes mains, rien à faire, c’est épouvantable!

Alors, tout à coup, me vient l’idée d’ouvrir mon fidèle et grand parapluie, et de m’en servir de bouclier. Cette fois,  je fonce dans le tas et chasse tant bien que mal les quelques malignes qui arrivent à contourner l’obstacle, ça va quand-même beaucoup mieux…

Quand, il me vient à l’esprit l’image d’un cow-boy qui porte un foulard sur visage et, je décide d’en acheter un dès que possible. Je continue de monter une cinquantaine de mètres, dans cette purée de petites mouches, quand,  brusquement,  Miracle ! Mais que vois-je ? Un beau foulard rose de dame, en soie, tout neuf, accroché dans les ronces d’un petit buisson !!! Je m’arrête, et saisis vivement ce beau foulard, tout en chassant la horde de ces sales petites poisons, et, m’empresse de le mettre à la façon cow-boy, en couvrant bouche, narines et oreilles… J’enfonce mon vieux feutre noir sur la tête, je mets mes lunettes de soleil sur le nez… Ouf ! Me voilà quand même plus tranquille…

 Arrivé presqu’en haut du col, à 50m du sommet, où le vent était bien plus fort, ces sales petits bêtes disparaissent enfin, juste au pied des premières éoliennes… Je découvre alors un magnifique paysage, la région est superbe vue de cette hauteur. J’enlève ce merveilleux foulard tombé du ciel ou d’ailleurs… peut-être a-t-il été porté jusque là par le vent ?

 Je lève alors la tête vers le ciel bleu azur et m’exclame : Merci cher ami Saint-Jacques!

 Juste avant la descente et près d’une éolienne, il y a une belle roche plate à l’abri d’un chêne-liège, où j’ai pu faire ma pause repas et une bonne sieste bien méritée, avec le bruit reposant des énormes hélices… Chuttt !!!

Ami Gilbert d’Ahuy.

2 Comments

  1. Merci l’ami Michel! J’admire toutes tes techniques. Du coup, je me suis pas mal débrouillé avec les WordPress…il suffit d’avoir beaucoup de patience! Dès que je peux, j’enverrai d’autres anecdotes, en espérant ne pas être le seul pèlerin à le faire! Ami Gilbert d’Ahuy.

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